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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Cette fois, on y arrive. La conclusion et l'ouverture, celle qui mène à LA PLANETE DES SINGES, une Terre dominée par les primates. Comment a-t-on pu en arriver là ? Hollywood s'est posé la question et en a fait un reboot-prequel en 2011 avec LES ORIGINES. Ca sentait l'opportunisme et le blockbuster facile. Mais contre toute attente, Rupert Wyatt avait réussi à dégager une véritable émotion en contrôlant ses scènes spectaculaires et révélant un destin hors normes d'un des personnages les plus incroyables de ces dernières années cinématographiques : César. 

Evacuons d'emblée le souci de comparaison : à nos yeux, SUPREMATIE n'est pas aussi noir, puissant et tendu que L'AFFRONTEMENT. Cependant, sa force intérieure, son désir de se concentrer uniquement sur César le pousse à conclure une trilogie presque hors du temps. Matt Reeves, qui avait pris la succession de Wyatt pour le deuxième volet, construit un socle inébranlable, impulsé par un rythme lent et une odyssée vengeresse. A la place d'un combat épique et spectaculaire pour le contrôle de la planète, le cinéaste nous fait vivre cette bataille par le biais de César. Le colonel face à César, les hommes face aux singes. Duel simple et limpide que Reeves confronte avec une psychologie beaucoup plus ardue. 

En ressort un formidable geste de cinéma qui en déconcertera plus d'un. Introspectif, poignant, viscéral, SUPREMATIE est un signe de désespoir, un dernier souffle avant de s'éteindre. Le monde des Hommes incarné par le colonel (charismatique Woody Harrelson) ne tient que sur un fil alors que le virus poursuit ses effets dévastateurs. Finalement, tout découle d'une logique imparable et ce troisième opus est à emboiter dans les autres tant la cohérence des récits est impressionnante. Il n'y a jamais ni bon ni mauvais, il y a les deux, dans les deux camps. Ce besoin d'opposition et de domination est un reflet évident de notre nature ainsi que de notre

actualité. César est tiraillé par ses sentiments contradictoires ainsi que sa propre bestialité.  

Sidérant dans la construction de ses plans, ce dernier opus gâte les mirettes et pas seulement pour ses décors : les singes sont stupéfiants de réalisme. On a d'ailleurs du mal à y croire par moment. Encore une fois, cette technologie est toujours utilisée dans le cadre de l'histoire et ne devient pas une facilité. La bataille finale est impressionnante, mais celle d'introduction est monstrueuse grâce à sa valse des points de vue qui place le spectateur sur le terrain aux côtés des combattants. Les références cinéphiles de Reeves ne manquent pas à tel point que son film est un multi-genre à lui tout seul (guerre, western, drame, escape movie). 

Voici en tout cas une sacrée prise de risque de la part du studio (la FOX) qui a accepté la vision de Matt Reeves qui est l'inverse du blockbuster moderne. Tout est axé sur la psychologie, ce qui ne l'empêche pas de commettre quelques erreurs telles que le rythme parfois suffocant ou ce virus toujours assez peu exploité. Le récit biblique est aussi un peu appuyé et le colonel ressemble trop à Kurtz, celui incarné par Marlon Brando dans APOCALYPSE NOW (une des références principales de SUPREMATIE d'ailleurs). Puis vient ce plan final, beau et déchirant à la fois, accompagné par une partition une nouvelle fois excellente de Michael Giacchino. L'une des meilleurs trilogies des années 2010 vient de se boucler. 

 

AVIS GLOBAL : Crépusculaire et désespéré, SUPREMATIE est un voyage intérieur, celui de César redoutablement interprété par Andy Serkis. D'une beauté stupéfiante, ce dernier volet s'avère être une conclusion parfaite.

NOTE : 16 / 20

 

LA PLANETE DES SINGES, SUPREMATIE   2h20

Un film réalisé par Matt Reeves

Avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Terry Notary.

critique de LA PLANETE DES SINGES, SUPREMATIE

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