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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Chaque film de Christopher Nolan est désormais un événement. Cinéaste à part, hors normes, hors limites. Le seul, aujourd'hui, pouvant s'appuyer sur un studio pour produire un film d'auteur à plusieurs millions de dollars de budget. L'un des seuls qui est rentable avec des projets originaux (trois heures dans l'espace avec un film complexe comme INTERSTELLAR qui rapporte 675,1 millions de dollars de recettes, c'est assez unique) et qui tente des expériences peu communes. Parce que vous arriverez probablement avec une certitude avant d'assister à DUNKERQUE, celle de voir un film de guerre, un genre où l'originalité est forcément minime. Sauf que Nolan a encore une fois détourné les règles pour offrir un spectacle jamais-vu. 

Une construction forte et des enjeux simples : voici la devise du film. Des soldats doivent être rapatriés en Angleterre après la déroute de la bataille des Ardennes. Nolan multiplie dés lors les images sensationnelles avec un instinct de mise en scène proprement hallucinant. Les morceaux de bravoure s'enchaînent, l'horlogerie concoctée par Hans Zimmer se met en route et l'expérience cinématographique se déchaîne dans un torrent d'images et de son fascinant et terrifiant. Un sentiment de désespoir face à ces soldats condamnés, mais de l'espoir aussi lorsque l'héroïsme survient. Le temps et la précision deviennent deux armes indispensables. Nolan envoie valser les conventions faciles du film de guerre et son épure de dialogues est assez frappante, donnant à l'ensemble une limpidité extraordinaire. 

Oui, le numérique fait de très belles choses. Mais la sensation unique de voir des images filmées réellement demeure. Le cinéaste déchaîne l'enfer à l'écran grâce à des procédés impressionnants et un réalisme frappant. Il offre un véritable survival aux spectateurs dont

certains resteront de marbre. Comme pour tous ses films, Nolan divisera même si DUNKERQUE s'avère être assez rassembleur grâce aux séquences d'action terrassantes. Emouvant aussi lorsqu'il rejoint l'Histoire et l'intime de ces personnages jamais romancés, mais terriblement humains (comme ce passage empli de tension dans l'intérieur d'un bateau). Voilà ce qu'est DUNKERQUE, une parenthèse, un détail dans la seconde guerre mondiale mais qui la changea totalement. La fin de l'armée britannique sur ces plages aurait donné une force implacable à l'Allemagne qui aurait alors fait capituler l'Angleterre. 

Oui, on a du mal à atterrir à la fin de la séance, secoués par un sound design d'une puissance inouïe (cette partition encore grandiose de Zimmer qui se marie avec le son ambiant), des tableaux magnifiques sublimés par un cinéaste maniaque et rigoureux (les plans de la jetée sont stupéfiants dans leur construction graphique), puis, aussi, par cette impression qu'on a encore vécu une expérience différente au cinéma grâce à ce cinéaste qui ne cessera donc jamais de nous étonner. Comme un symbole, le regard des acteurs (Cillian Murphy, Mark Rylance, le génial Fionn Whitehead, Kenneth Branagh, Tom Hardy) porte une force minimaliste comme la preuve que le cinéma est avant tout affaire d'image et de montage. 

 

AVIS GLOBAL : Avec son montage étonnant et sa construction détonante, DUNKERQUE est une proposition de cinéma tout simplement exceptionnelle d'intensité. Quelques images resteront gravés dans les mémoires.

NOTE : 18 / 20

 

DUNKERQUE   1h47

Un film de Christopher Nolan

Avec Fionn Whitehead, Mark Rylance, Kenneth Branagh, Tom Hardy. 

critique de DUNKERQUE

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