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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LES PLUS BELLES MUSIQUES DU CINEMA : LE PARRAIN

Publié le 20 Juin 2017 par Romain Jankowski in les bandes originales

LES PLUS BELLES MUSIQUES DU CINEMA : LE PARRAIN

Si un film est avant tout synonyme d'image, difficile de le vivre sans musique. Notre rubrique revient aujourd'hui sur l'une des plus belles bandes sonores de l'Histoire du cinéma (et l'un de ses plus grands films).

LE PARRAIN de Francis Ford Coppola est une oeuvre colossale sublimée par chaque détails, chaque interprétation (Marlon Brando au firmament), chaque scènes plus fortes les unes que les autres. Un chef d'oeuvre incommensurable et inégalé, même si beaucoup préfèrent le deuxième volet. Le cinéaste met l'accent sur le double fondement des Etats-Unis : sa diversité ethnique et la dimension crapuleuse de sa société. Il plonge dans une famille sicilienne redoutée et redoutable, une mafia qui gangrène un pays croyant à sa propre supériorité. La magnifique partition musicale de Nino Rota pose les bases d'un univers rythmé par la mort. Ainsi le "God father theme" commence comme une cérémonie funèbre, au seul son d'une trompette qui peut signifier la fin d'un ère, celle de Don Corleone voulant céder sa place à l'un de ses fils. Elle peut aussi raisonner comme les retentissements de sa propre mort.

Bien sûr, on se souvient également de la partition extraordinaire du retour en Sicile. Ce thème (disponible ci-dessous) ressuscite les plus belles heures de la musique italienne et donne une dimension supplémentaire à l'âme du film. Ce dernier n'est pas qu'une histoire de mafieux, elle est également un hymne à l'amour et au partage, celui que l'on crée avec sa famille. Les Corleone partagent de grandes valeurs (sens de la religion, admiration de la famille, honneur pour ceux qui réussissent) et punissent ceux qui trahissent leur confiance qui est une priorité dans leur milieu. Le respect est à la base de toutes choses et seul compte la loi du talion lorsqu'une trahison a eu lieu. La musique de Rota est en lien direct avec les objectifs de Coppola qui regarde ce petit monde s'auto-détruire comme une image plus grande de ce qu'est l'Amérique. L'amour et la mort deviennent synonymes, si bien que ces deux thèmes composés par Rota se complètent pour résumer un film d'une richesse assez inouïe. LE PARRAIN est un grand chant lyrique d'une violence incroyable, mais d'une profondeur toute aussi démente où l'on suit l'ascension de Michael Corleone et sa déchéance psychologique inévitable. 

Le dernier point est celle du débat de "légitimité" de la musique. En effet, Nino Rota a beaucoup "copié" des partitions existantes notamment celle des CLOWNS de Federico Fellini ou encore des notes reprises de LA PASSACAILLE de Johann Sebastian Bach. Il est vrai que certaines se révèlent être des reprises mais Rota s'est inspiré des morceaux représentatifs de son époque et de son contexte tout en arrangeant évidemment ces partitions. Oui, le travail du compositeur est bien effectif et ne se révèle être en aucun cas un plagiat.  

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