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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Le minimalisme et la sobriété. Voilà comment résumer le film d'André Ovredal qui se regarde comme un cauchemar éveillé, détournant les passages du genre pour mieux les exploiter. C'est bien simple, on n'a plus vu une telle maîtrise depuis... James Wan !

Tout démarre par une scène de crime étrange et incompréhensible pour le shérif Sheldon (Michael McElhatton que l'on a pu voir dans LE ROI ARTHUR) qui ne comprend pas ce qui a pu se passer. Son équipe retrouve le corps d'une femme, totalement immaculée. C'est le début d'une horreur implacable, montrée avec parcimonie et une force de mise en scène indiscutable. Les deux médecins légistes, père et fils (Brian Cox et Emile Hirsch), vont, au fur et à mesure découvrir d'horribles choses sur Jane Doe. Bien sûr on n'en révélera pas la nature ici, mais le dénouement est bien amené. Surtout, l'ambiance mortifère est angoissante à souhait, Ovredal n'imposant jamais une musique directionnelle lourde tout en se détournant des sempiternelles recettes du film de genre. Ici, un plan sur la morte se révèle bien plus flippants que des effets de jump scares souvent insupportables. Les séquences d'autopsie sont les meilleures, d'une part parce qu'elles nous montrent les difficultés de ce métier si particulier, et d'autre part parce que le cinéaste arrive à faire monter la tension avec une radio qui change de station, des bruits dans un conduit, des regards inquiets et le visage de Jane Doe !

La mise en scène d'Ovredal se joue avec de légers travellings, de grandes focales, des plans récurrents. Il n'en rajoute jamais dans l'horreur graphique (cela aurait pu être une facilité vu que ses personnages sont médecins-légistes) et le fait d'avoir engagé Brian Cox dans le rôle du père est une idée remarquable. Il en impose dans le rôle de cet homme assez mystérieux qui a beaucoup de mal à exprimer ce qu'il ressent. Il donne tout pour son métier, n'apercevant même pas les doutes de son fils. Ses croyances et son obsession pour la rationalité seront mises à mal par cette mystérieuse femme entrée dans sa morgue.

On ne l'avait pas vu venir, mais ce JANE DOE IDENTITY est une belle réussite qui parvient à jouer avec nos angoisses les plus profondes tout en distillant une peur diffuse grâce à son ambiance très travaillée. On avait déjà apprécié TROLL HUNTER, on a adoré ce JANE DOE, on attend donc avec impatience le prochain film d'André Ovredal !

 

AVIS GLOBAL : Etrange, intriguant puis flippant, ce film est une belle réussite du genre, dominé par un Brian Cox impliqué. On n'est pas prêt d'oublier le visage immaculé (et cauchemardesque) de cette Jane Doe ! 

NOTE : 14 / 20

 

THE JANE DOE IDENTITY   1h39

Un film réalisé par André Ovredal

Avec Brian Cox, Emile Hirsch, Olwen Catherine Kelly, Ophelia Livebond.

critique de THE JANE DOE IDENTITY

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