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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LA SEANCE DE RATTRAPAGE : MANCHESTER BY THE SEA

Publié le 14 Mai 2017 par Romain Jankowski in analyses

Avec ses deux oscars (meilleur acteur et meilleur scénario original), MANCHESTER BY THE SEA a signé le grand retour de Kenneth Lonergan, un cinéaste abîmé suite aux problèmes rencontrés sur son film MARGARET et qui l'ont anéanti psychologiquement. Là, pas de doutes, cette histoire d'un homme banal et oublié, incapable de s'affranchir du passé et condamné à revivre encore et toujours le même événement tragique, lui ressemble plus que jamais. On vous prévient, ça spoil beaucoup !

Casey Affleck n'a pas volé ses nombreux prix, indiscutablement. Dés la première séquence, avec son air à la fois affligé et frondeur, il donne à voir un homme détaché et désintéressé. On est soufflé par la prestance immédiate de l'acteur, littéralement habité par une douleur indicible et profonde. Lonergan n'en dévoile pas plus et nous place dans sa tête, lorsqu'il doit revenir dans sa ville natale pour enterrer son frère décédé. C'est ici que tout remonte à la surface. Au fil des jours, les images reviennent le hanter, s'accrochant désespérément à ce qui lui reste de force. Sa volonté est d'être puni pour ce qu'il a fait alors il se bat dans les bars, désire avoir mal et tente même de se tirer dessus au commissariat après avoir avouer ce qu'il pense être un crime. La puissance de la mise en scène, sobre et distante, offre aux acteurs un large potentiel d'expression amplement aidés par une écriture exceptionnelle. Les dialogues, les non-dits, ces regards insistants ou cet enlacement furtif entre deux frères donnent lieu à une émotion contenue qui explose dans un dernier quart d'heure formidable de maîtrise où tous les efforts de distanciation s'effondrent dans une volonté évidente de fissurer toutes les carapaces de ces personnes qui n'osent pas en parler. 

Avec son neveu Patrick, incarné par un excellent Lucas Hedge, une relation s'installe même si elle fut toujours présente en témoigne ses nombreux flash-backs sur le bateau qui les montrent complices. Seulement, l'accident qui a détruit la vie de Lee les a séparés. Ils réapprennent alors à se connaître, ils se défient aussi dans des scènes très cocasses (les deux copines, le fameux rendez-vous chez la mère de l'une d'elle) et nouent forcément une relation particulière avec le spectateur. Ce qui est assez époustouflant avec MANCHESTER BY THE SEA c'est sa capacité à détourner tous les clichés et tous les pièges inhérents à ce genre de drame indépendant. Il y a tellement de détails et de force dramaturgique (cette crise de panique de Patrick devant un congélateur), qu'on s'oublie littéralement dans cette histoire où le passé anéanti toutes personnalités. C'est le cas de Lee, mais également celui de la mère de Patrick, incapable de renouer avec son fils alors qu'elle l'a abandonné à cause de son addiction à l'alcool et du divorce avec son père. La scène qui se déroule chez elle en compagnie de son nouveau mari est d'ailleurs un sommet d'écriture où la gêne est palpable à chaque instants. 

On ressort de ce film un peu bouleversé, les paroles de Randi (Michelle Williams, magnifique), l'ex-femme de Lee, raisonnant avec force dans notre tête (rarement un "je t'aime" aura eu autant d'impact), les larmes contenues de Casey Affleck pénétrant avec insistance notre âme de cinéphile et d'humains tout simplement. Parce que lorsque le 7ème art parvient à nous tirer autant d'émotions, il nous rappelle à quel point un film est capable de nous transporter bien plus loin qu'on ne pourrait le considérer. MANCHESTER BY THE SEA est définitivement un grand film.  

 

 

LA SEANCE DE RATTRAPAGE : MANCHESTER BY THE SEA
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