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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Le droit d'exploiter une marque. En quelques mots, ce qu'est une franchise trouve son explication. On ne peut pas se mentir, elles sont le coeur du cinéma hollywoodien actuel et commence même à le devenir dans les autres pays, y compris la France. Les franchises deviennent le modèle économique idéal, permettant de laisser en suspens le public tout en se garantissant une idée de succès. La stratégie est bien huilée car le public répond toujours présent ! Pourquoi ? Pourquoi sommes-nous aussi demandeurs de sagas, d'univers partagés, de suites, de remakes, de reboot ? 

Dès l'invention du cinéma, un film entier est découpé en épisodes. Surtout par défaut, les caméras ne pouvant tourner très longtemps. Ainsi, les frères Lumières filment la vie quotidienne, avec malice et inventivité, invitant le spectateur à découvrir de nouvelles péripéties au fil des courts-métrages diffusés. George Méliès reprend cette innovation à son compte, partant dans une direction plus surprenante avec de véritables tours de magie. Tout est déjà un assemblage relié par un fil conducteur qui lie les parties entre elles. Mais la véritable révolution vient de Louis Feuillade en 1913, avec la série des FANTOMAS. L'adaptation du roman de Marcel Allain et Pierre Souvestre est un énorme succès à sa sortie, devenant le lancement de la première grande franchise cinématographique qui comptera cinq épisodes. Les producteurs se doutent qu'ils tiennent un véritable concept : le public désire retrouver ses personnages favoris dans d'autres aventures. Voilà la définition même de la saga, avoir des protagonistes bien écrits et attachants. 

Nouvelle étape ? Ce qu'on connaît de manière exponentielle aujourd'hui : l'univers partagé. Ceux qui crient à l'épuisement et au manque d'imagination, sachez qu'il fut extrêmement conséquent à l'époque. L'Histoire se répète, c'est bien connu. En 1931, Carl Laemmle, légendaire créateur d'UNIVERSAL PICTURES, confie la première pierre de cet édifice à son fils, Carl Laemmle Jr qui réalise DRACULA. Succès incroyable puis concept inédit : présenter différents personnages dans chaque aventures puis les réunir de temps à autre pour des confrontations dantesques. GODZILLA, KONG et tous les kaijus feront la même chose. Non, MARVEL STUDIOS n'a rien inventé, si certains en doutaient encore. 

Cependant, la fascination de ce genre de cinéma vient principalement d'un ressort psychologique, l'attachement à suivre des épisodes, à être tenu en haleine par des intrigues qui concernent des personnages auxquels nous sommes attachés. Effectivement, notre époque contient encore plus de franchises en tous genres. Il n'y a qu'à voir l'année 2017 pour s'en rendre compte ! Ce besoin de revoir les mêmes thèmes, les mêmes personnages, les mêmes environnements vient aussi de la nature presque primitive de l'Homme qui aime le confort, qui s'interroge sur la nouveauté. Acheter son billet pour une suite, alors qu'on a aimé le premier, a quelque chose de rassurant. On se dit qu'on prend moins de risque d'avoir dépenser son argent pour un film qui ne nous plaira pas. De plus, il y a toujours cette interrogation sur le devenir des intrigues, sur la façon dont les scénaristes ont imaginé les rebondissements, c'est le principe même de la pop culture qui amène les débats, les sempiternels reproches voire les moqueries de certains qui détestent une franchise mais qui vont voir les films quand même ! Un vrai enjeu extra-cinématographique est en jeu, une sorte de phénomène sociétal à chaque apparition de nouveaux opus. 

La nouveauté n'existe plus. C'est ce qu'on entend à tout bout de champ. Cela dépend de notre placement, de notre façon de voir le cinéma dans sa globalité. Plus de six cent films sortent par an, combien d'épisodes de sagas ? Une quinzaine tout au plus ! Il faut lutter contre cette image négative qui dit que seuls les films de super-héros et des grosses franchises sont exploités. Il faut aussi se dire qu'ils sont nécessaires pour l'économie du cinéma mondial et que les studios se servent de ces succès pour d'autres longs-métrages plus intimistes. La franchise n'est pas une plaie, elle est la représentation globale de ce que le grand public aime. Les séries télévisées n'ont d'ailleurs jamais aussi bien fonctionné. Désormais, l'univers partagé accroît encore cette synergie entre la télé et le cinéma. De plus, les succès des adaptations live des classiques Disney prouvent une fois encore que le public aime se rappeler le passé, aime aller voir une histoire qu'il connaît par coeur. Ainsi, tous les chiffres et autres analyses sur le cinéma ne se résument peut-être qu'à ça : le caractère humain.  

 

POURQUOI LES FRANCHISES CARTONNENT-ELLES AUTANT ?

Commenter cet article

Lilian 21/03/2017 12:56

Tout à fait d'accord, les franchises ne sont pas la plaie du ciné
De toute façon tous les films originaux flop quasi donc y a pas à chercher bien loin

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