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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

On le dit souvent actuellement, un cycle cinématographique populaire prend forcément fin. En écho aux succès monstres du comicbook movie et de son aura à l'heure actuelle. C'est ainsi, c'est une réalité, il y a eu les films de monstre, les films noirs, les comédies musicales et d'autres dont l'un des plus emblématiques, le western. De 1959 à 1973, il règne en maître, les films s'enchaînent (plusieurs par an), faisant des acteurs principaux des stars incontournables (John Wayne, Henri Fonda, Clint Eastwood). 

Le crépuscule du genre approche cependant. Les quatorze années pré-citées correspondent à un second cycle, plus intense, plus fort que le premier qui a vu éclore ce genre. LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE (1939, réalisé par John Ford) est l'un des précurseurs et lance la lutte éternelle du cow-boy contre l'Indien (ou des assassins divers). Il est le symbole d'une Amérique forte qui dégaine à tout-va avec une sérénité déconcertante, la force tranquille qui ne craque jamais. En 1964, LES CHEYENNES du même John Ford marque une vraie transition, le passage du flambeau. Surtout, le western devient plus profond, moins manichéen, transposant ses thèmes en rapport à la réalité de l'époque (les tensions raciales en écho avec le ségrégationnisme). L'Amérique s'auto-critique à travers le film d'Arthur Penn notamment, LITTLE BIG MAN (1970), sévère critique du général Custer accusé d'avoir massacré les Indiens. L'engagement américain au Vietnam, controversé, invite également les cinéastes à réinterroger le sens de la conquête de l'Ouest. L'heure est aux antihéros, à la perte d'héroïsme, à la relecture des mythes même de la bannière étoilée (BUFFALO BILL ET LES INDIENS, WILLIE BOY). L'ironie de tout ça ? Un genre poussant à son paroxysme la force américaine commence à la remettre violemment en question.

Esthétiquement, le western se transforme grâce à Sam Peckinpah notamment (COUPS DE FEU DANS LA SIERRA, le chef-d'oeuvre LA HORDE SAUVAGE) en associant violence et surenchère formelle (usage des ralentis). Celui qui l'amènera vers des hauteurs exceptionnelles s'appelle Sergio Leone qui, avec sa trilogie du dollar, va faire de Clint Eastwood une star absolue et donner au genre un second souffle salvateur, le célèbre western-spaghetti. Ses influences italiennes et ses références japonaises consolident la mythologie du genre. 

Avec l'avénement du blockbuster et de la décennie dorée du cinéma fantastique (la génération Amblin), le western devient obsolète et s'apprête à connaître un déclin presque définitif. DANSE AVEC LES LOUPS de Kevin Costner est un anti-western où l'américain est apaisé, vivant en parfaite harmonie avec le peuple indien et la nature. IMPITOYABLE, un des grands films de Eastwood, est l'apogée du genre. Triste et désespéré, voici le symbole d'un genre qui aura fait rêvé des millions de spectateurs. 

LE CREPUSCULE DU WESTERN

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