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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

A l'occasion de la sortie de KONG SKULL ISLAND, l'idée de revenir sur le mythe de la bête semblait intéressante. Et en revoyant les trois oeuvres majeures (la version de 1933, 1976 et 2005), il est clair que le gorille géant a été plutôt gâté. Certes, la version de John Guillermin souffre de trop de défauts malgré l'impressionnant monstre concocté par Carlo Rambaldi, mais que l'on ne voit que trop peu (une minute à l'écran, elle a été jugée peu convaincante, mais a coûté 1,7 million de dollars...). Cependant, le scénario ne respecte pas la mythologie originale, d'autant que la relation entre la belle et la bête est d'une ineptie totale. Le pire ? Que ce film accouche d'une suite, KING KONG II...

Parlons plutôt de la version originale, celle qui a marqué l'Histoire évidemment. On est en 1933 et le cinéma américain est prêt à entrer dans une nouvelle dimension, celle du film universel, de la puissance de l'image et du son. Certains pourraient en rire aujourd'hui en voyant ces marionnettes s'affronter, mais rappelons aux moqueurs que le film a 84 ans ! Les prouesses de l'époque restent formidables et la magnifique histoire d'amour entre Kong et la sublime Fay Wray fait encore frémir les amoureux du cinéma. Cette réalisation de Merian C.Cooper et Ernest Schoedsack reste un monument, un pilier du film à grand spectacle. C'est ainsi que Peter Jackson l'a considéré et qui lui a rendu le plus beau des hommages. 

Il a regardé KING KONG à neuf ans, lorsque celui-ci a été diffusé sur sa télévision familiale en Nouvelle-Zélande. Le choc est immédiat, la décision prise : il sera cinéaste et réalisera sa propre version. Ce sera fait en 2005, après avoir réalisé l'une des plus grandes trilogies de tous les temps (LE SEIGNEUR DES ANNEAUX). Trois heures de bobines, 207 millions de dollars de budget, de toutes nouvelles technologies pour animer Kong, une démesure dans chaque décor (superbe New-York reconstitué) pour un film-monstre, gigantesque, mémorable. Plus qu'un hommage (qu'il est, indiscutablement), c'est une réappropriation du mythe qu'opère Jackson. A tous les étages, à chaque minute, à chaque plan, il y a un souffle romanesque, un esprit d'aventure totale, une déclaration d'amour au septième art. On y parle de la folie d'un artiste raté (Carl Dunham) et du besoin de l'Homme de détruire la nature tout en se croyant au-dessus d'elle. Peter Jackson prend un malin plaisir à filmer le déchaînement de Kong lors du spectacle à New-York devant cette foule peuplé de riches et de vaniteux. On apprécie les métaphores, mais également la relation entre la bête et Ann Darrow, magnifique Naomi Watts. Il faut dire que les personnages sont bien travaillés, tous ayant un intérêt dans cette aventure. Et puis, en terme de spectaculaire, le cinéaste n'a pas d'égal : une charge de brontosaures monstrueuse, un combat avec des chauves-souris géantes, un affrontement entre les hommes de mains et des insectes surdimensionnés absolument dégoûtants (on ressent clairement l'influence des premiers films du néo-zélandais), la folie furieuse de Kong dans un New-York des années 30 magnifiquement détaillé et, surtout, un combat titanesque entre le gorille géant et trois tyrannosaures. Un morceau de bravoure monumental de près d'un quart d'heure où la magie du cinéma s'opère aux quatre coins de l'écran. 

On attend désormais la version de 2017 où Kong est beaucoup plus impressionnant (par sa hauteur) et plus guerrier. Le film de Jordan Vogt-Roberts contient, en tout cas, de nombreuses promesses et les bandes-annonces sont très emballantes. 

KING KONG, UN VRAI ROI DU CINEMA

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