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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Le phénomène que constituait le premier volet s'est sacrément estompé avec le temps. Aujourd'hui, peu de monde se rappelle de Renton et ses potes, de la scène de trip fatale où un bébé marche au plafond, où un jeune homme en a marre de ses potes et de son environnement et qu'il se barre avec les milliers de livres volés à ces derniers.

Cette introduction est validée par des chiffres désastreux au box-office et du peu de buzz qu'a engendré cette suite. Vingt ans, c'est long, mais TRAINSPOTTING avait marqué son époque et sa génération. Qu'importe, ce retour est justifié car deux décennies sont bien passées depuis la trahison de Renton (Ewan McCregor), les rides sont apparus, la démarche s'est alourdie. Le voilà qu'il revient à Edimbourg, sa ville de toujours, qui a bien changé, plus moderne, plus agréable, moins triste et grise. A la différence de ses trois acolytes qui n'ont pas vraiment trouvé leur voie : Bigbie (Robert Carlyle) est en prison, mais réussit à s'échapper, Spud est retombé dans la drogue après son licenciement et Sick Boy est toujours un vulgaire arnaqueur-looser. La première demi-heure du film est la plus réussie, la plus profonde, la plus nostalgique. Voir ces quatre garçons devenus des hommes a quelque chose de réel, de beau mais aussi de pathétique. Vingt ans n'ont rien arrangé, ils vivent toujours dans le passé, ruminant durant de longues heures sur ce qui aurait pu être leurs vies sans la trahison de Renton. Aurait-elle été vraiment différente ? Aurait-il pu y avoir une alternative ? 

Danny Boyle filme des retrouvailles, parfois houleuses, parfois belles (celle avec Spud). Le cinéaste s'assume et vise clairement la carte de la nostalgie, du temps qui passe et de la monotonie de la vie adulte. Rarement un film a été aussi simple et différent de son prédécesseur, aussi logique que ce soit dans le style (les effets clippesques du premier deviennent anecdotiques ici, la mise en scène étant devenue plus apaisée) ou le script. Une scène exceptionnelle résume à elle seule le film, celle où Renton explique à Veronica ce qu'est le "Choisis la vie", slogan repris dans le premier opus. Là, dans un montage affuté de cinq minutes, Boyle distille tout ce qui le met en rogne, dans une sorte de parenthèse méta impressionnante. 

T2 devient un poil rébarbatif dans son ensemble malgré quelques fulgurances. Moins ramassé que le premier, le scénario est long, se perdant dans une dernière demi-heure qui perd de sa justesse. De plus, les flash-back sont parfois un peu maladroits. On retiendra l'interprétation de Robert Carlyle qui campe un personnage toujours aussi ambiguë, pétri de défauts et hanté par la violence, mais qui recèle quelque chose de beau, profondément enfoui en lui. Le dernier échange avec son fils en fait partie. Il faudra souligner également la géniale bande-son, en adéquation totale avec ce qui est raconté et cette scène finale qui rappellera de nombreux souvenirs aux spectateurs. Un troisième volet dans dix ans ?

 

AVIS GLOBAL : T2 ne marquera pas autant que le premier volet. Néanmoins, sa force nostalgique et la profondeur de ses personnages l'amènent à atteindre de belles hauteurs émotionnelles. Avec, en prime, une bande-son dantesque !

NOTE : 13 / 20

 

Un film réalisé par Danny Boyle

Avec Ewan McGregor, Robert Carlyle, Ewen Bremmer, Jonny Lee Miller.  

critique de T2 TRAINSPOTTING

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