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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LA BELLE ET LA BETE

Publié le 24 Mars 2017 par Romain Jankowski

Nouvelle adaptation de l'un des contes les plus célèbres du monde, le film de Bill Condon puise sa richesse dans le dessin animé de 1992, dans un style baroque d'une magnificence absolue qui n'a d'égale que la capacité de Disney à produire encore du rêve à des millions de spectateurs. 

Reprenant avec application son modèle animé, LA BELLE ET LA BETE se pare de séquences musicales nombreuses, mais pas encombrantes, s'avérant même parfaitement emballantes (celle de la taverne, par exemple). L'ouverture sur Belle, dans un village français imaginaire, est à ce titre une réussite totale, magnifiquement filmée par une caméra virevoltante et des chorégraphies à la précision chirurgicale. Délicate entrée en matière, mais Bill Condon la réussit à merveille. 

Contenant son récit dans une histoire poétique à souhait, le cinéaste donne de l'importance à chaque regard et chaque mouvement. En allongeant le scénario (peut-être un peu trop, d'ailleurs), les sentiments qui vont lier la belle et la bête nous semblent plus réalistes, plus palpables. Certaines intrigues nous permettent également d'approfondir le passé des différents personnages, comme celui du père de Belle qui devient très intéressant et attachant dans cette version. Parfois, Condon est malheureux dans ses transitions (certaines sont trop abruptes), mais il se rattrape dans la puissance visuelle qu'il instaure. Le surplus de numérique nuit parfois, mais les décors sont tellement somptueux qu'on a parfois du mal à croire qu'ils ont été crées en vrai ! De l'hommage rapide à la version de Jean Cocteau (l'un des plus grands chefs-d'oeuvres de l'Histoire du cinéma français) avec ce jardin orné de statues d'animaux, aux colonnes vrillées des grands escaliers en passant par ce gigantesque hall marbré et admirablement sculpté, tout est d'une minutie impressionnante, à tel point que l'on aimerait que la caméra stoppe ses mouvements pour nous permettre de tout apprécier. 

Grand spectacle, grands moments de musique, superbes seconds rôles (Luke Evans est irrésistible dans la peau de Gaston), tout cela ne serait évidemment que futile si la romance était ratée. En évitant tous les écueils possibles (presque, la numérisation de la bête est parfois mal gérée), Condon use des superbes mélodies de Alan Menken pour introduire lentement l'amour qui va unir nos deux protagonistes. Il a, surtout, une Emma Watson en état de grâce total, dévorante de beauté et de charisme qui embrasse la personnalité de Belle avec une fougue qui la caractérise si bien. Elle forme avec Dan Stevens, un duo impeccable, ce dernier utilisant son regard et certaines mimiques pour créer une bête attachante, aux nombreux états d'âme. Le clou du spectacle est bien évidemment cette fameuse valse entre eux, la caméra suivant leurs pas puis prenant de la hauteur pour agrandir leur fusion. 

Après un étonnant LIVRE DE LA JUNGLE, âpre et émouvant, LA BELLE ET LA BETE marque sa différence dans un émerveillement de tous les instants, un peu comme l'avait fait Kenneth Branagh dans l'injustement méprisé CENDRILLON. Bien sûr, Condon fait mieux, probablement grâce au récit de base, plus mémorable, et à cette féerie que l'on retrouve trop peu aujourd'hui au cinéma. Il n'y a pas d'âge pour rêver !

 

AVIS GLOBAL : Impeccablement conçu, LA BELLE ET LA BETE fait sensation grâce à ses décors monumentaux et touche par la profondeur de ses sentiments. Une très jolie relecture dominée par Emma Watson, sublime en tout point.

NOTE : 15 / 20

 

LA BELLE ET LA BETE   2h10

Un film réalisé par Bill Condon

Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Kevin Kline.

critique de LA BELLE ET LA BETE
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