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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LES GRANDS REALISATEURS : CLAUDE CHABROL

Publié le 8 Janvier 2017 par Romain Jankowski

Né à Paris en 1930, Claude Chabrol ne débute pas directement dans la réalisation. Attaché de presse, il devient critique aux CAHIERS DU CINEMA dans les années 50. En faisant la connaissance du romancier Paul Gégauff (qui deviendra son scénariste) et la rencontre de la comédienne Stéphane Audran (qu'il épousera), Chabrol se lance en 1958 avec son premier film : LE BEAU SERGE, qui devient aussi le manifeste de la Nouvelle Vague. 

Remportant l'Ours de Berlin en 1959 avec LES COUSINS, Chabrol enchaîne les projets durant trois ans avec pas moins de huit films ! Une imagination fertile donc, un peu irrégulière (LES GODELUREAUX, A DOUBLE TOUR, pas inoubliable), mais qui va pleinement s'épanouir à la fin des années 60 avec le producteur André Génovès qui va lui permettre de signer ses plus grands films. LA FEMME INFIDELE, QUE LA BÊTE MEURE ou encore LE BOUCHER se révèlent ambigus et acerbe sur la bourgeoisie provinciale où les apparences sont souvent trompeuses. Il dépeint un monde où crimes et adultères occupent une place de choix. 

Son plus gros succès public arrive en 1972 avec DOCTEUR POPAUL (2,1 millions d'entrées), Jean-Paul Belmondo incarnant le rôle-titre. Dans cette comédie très datée aujourd'hui, le célèbre comédien incarne un tétraplégique qui se rappelle sa vie d'avant. Cependant, le cinéaste revient à des films plus sombres avec le thriller politique (NADA) et même le fantastique (ALICE OU LA DERNIERE FUGUE). Il change encore de registre dans les années 80 où il réalise énormément de polars en collaboration avec des grands comédiens : Michel Serrault en assassin dans LES FANTOMES DU CHAPELIER, Jean Poiret en inspecteur dans POULET AU VINAIGRE ou encore Philippe Noiret en présentateur télé dans MASQUES. Voici trois films marquants dans la carrière de Chabrol qui démontre tout son talent pour les atmosphères tendues où les personnages sont loin d'être manichéens.

Son dernier grand film ? LA CEREMONIE en 1995 qui trouve dans sa conclusion une sauvagerie contenue durant près de deux heures. Ce qui frappe lorsqu'on revoit la filmographie de Claude Chabrol, c'est sa facilité à plonger le spectateur dans un certain univers en l'espace de quelques plans initiaux (le début du BOUCHER en est un parfait exemple). Son talent pour filmer les acteurs (et actrices, à qui il a donné de très beaux rôles) est également indéniable. Parfois coincé entre le classicisme et la Nouvelle Vague, ses films sont parfois confus. Ses trop nombreuses réalisations en début de carrière ne jouent pas non plus en sa faveur. Mais une vraie énergie se dégage au fur et à mesure et les années 80 et début 90 restent probablement sa meilleure période. Dans tous les cas, voici une carrière à redécouvrir (ou découvrir) malgré des derniers longs-métrages assez pénibles à regarder (LA DEMOISELLE D'HONNEUR).  

  

LES GRANDS REALISATEURS : CLAUDE CHABROL
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