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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Quelques années après A SINGLE MAN, Tom Ford revient avec un film d'une teneur cinématographique hors du commun. Plonger dans cette histoire, c'est s'ouvrir à de multiples possibilités, de probables frustrations mais également faire confiance à ses ressentis. Chacun verra en NOCTURNAL ANIMALS ce qu'il a envie de voir. 

Première séquence, premier abattement de cartes : la nudité comme un effacement des apparats. Ford fait voler en éclat cette société du paraître qui enlève toutes nos émotions humaines pour devenir un outil, une définition du superficielle. C'est ce qu'est Susan Morrow (Amy Adams), femme-artiste, mariée à un homme riche avec qui elle n'est pas heureuse, s'ennuyant profondément dans sa villa luxuriante. Elle rumine, traverse les journées avec une lassitude non-feinte et s'interroge sur le bonheur. La première demi-heure est extrêmement plastique, référencée, presque rebutante. Pourtant, elle est essentielle à la suite, tendue et déchirante, qui va s'ouvrir devant nous en même temps que Susan débute le livre de son ex-mari.

A partir de là, NOCTURNAL ANIMALS devient sauvage, sombre et désespéré. Jake Gyllenhaal apparaît, le regard nerveux et profondément triste. Impossible d'en dévoiler davantage tant le scénario regorge de points de vue. Ce livre n'est pas qu'une histoire racontée, elle représente ce que Susan et son ex-mari aurait pu être. Jusqu'au basculement, symbolisé ici par des rednecks qui s'en prennent  à eux sans raison. Le trio est dominé par Ray, interprété par un Aaron Taylor-Johnson impeccable, qui trouve ici son meilleur rôle. Ne basculant jamais dans l'hystérie, il parvient à nous rendre mal à l'aise assez rapidement. Son personnage oscille souvent entre le ridicule et le sérieux et représente surtout un renversement des classes, l'Amérique profonde qui s'en prend à celle plus élitiste. 

Entre réalité et fiction, le film n'est autre qu'une émotion simple, racontée par divers chemin : le regret d'avoir laissé la personne qui nous correspondait pour une autre. Les remords de l'amour. Voilà, ce sont eux les animaux nocturnes ou peut-être ces agresseurs ou ces gens ultra-glamour du mondes des arts ou même peut-être ce cow-boy flic incarné par un Michael Shannon excellent. Comme dans PREMIER CONTACT, ce film ne vous prend pas par la main, s'intéresse à une nouvelle forme de cinéma qui décide de se raconter pour toucher une plus profondeur. On est secoué à la fin, un peu perdu aussi, mais on sait au moins une chose : on vient d'assister à un grand moment de cinéma.

 

AVIS GLOBAL : NOCTURNAL ANIMALS est à l'image de sa mise en abîme : si vous vous ouvrez à lui, il risque de vous hanter durablement. Et même si vous ne voulez pas vous y plonger, admirez un casting prodigieux et des scènes de tension qui prennent aux tripes. 

NOTE : 17 / 20

 

NOCTURNAL ANIMALS   1h57

Un film réalisé par Tom Ford

Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson

critique de NOCTURNAL ANIMALS

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