Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de DALIDA

Publié le 12 Janvier 2017 par Romain Jankowski

L'une des plus grandes artistes de tous les temps, au succès considérable (plus de 170 millions de disques vendus à travers le monde), était aussi une femme malheureuse, brisée par ses tragédies personnelles et une psychologie complexe, basée sur la peur du rejet ainsi que le regard des autres. 

C'est d'ailleurs par une séance chez le psychanalyste que le film débute. Les "acteurs" de sa vie défile pour parler d'elle et comprendre comment elle en est arrivée là. Nous sommes en 1967 et Iolanda, de son vrai nom, vient de faire sa première tentative de suicide. Autant dire que les vingts premières minutes sont souffreteuses, plantées par un rythme lancinant, un montage mal dessiné et une soundtrack trop présente. On sent clairement que la réalisatrice, Lisa Azuelos, cherche l'originalité pour ne pas construire une structure linéaire propre à tous les biopics. Pourtant, c'est quand elle embrasse les clichés inhérents au genre (parcours de sa vie, en somme) que DALIDA montre pleinement ce qu'il a dans le ventre, tout simplement parce que la vie de l'artiste détourne toutes les bases de la cinématographie !

Quand un biopic est réalisé, il y a toujours l'ascension, le succès et la chute. Dalida a eu une vie tellement particulière que tout est mélangé sauf une chose : la chute. Voici une artiste intemporelle qui, à chaque infortune, a toujours réussi à conquérir son public. Voir la transformation de cette femme quand elle rentre sur scène, transcendée, heureuse de vivre, de partager ses mots avec les autres, ceux qu'elle n'arrive pas à émettre dans la réalité, est impressionnant. Son destin est tragique, guidé par la mort qui rôde partout, tout le temps. Ainsi, le film ne parvient jamais à trouver une éclaircie et s'abîme parfois dans une déprimante noirceur. C'est le problème quand on résume la vie d'un artiste en deux heures, on survole tout et les événements les plus importants. Malheureusement, il est vrai que ces derniers sont, pour la plupart, tristes. 

Le soin apporté aux décors est époustouflant, la dynamique n'est jamais rompue, les séquences reconstituées sur scène sont grandioses (émouvante reprise de "Je suis malade", climax émotionnel du film, et show magnifique sur "Laissez-moi danser") et cette femme est tellement fascinante qu'on ne peut-être que captiver. Il faut saluer, applaudir, admirer la performance de Sveva Alviti, ancien mannequin qui joue son premier rôle au cinéma. Elle est irréprochable en Dalida d'autant qu'elle doit jouer une palette d'émotions différentes, danser, chanter et, en plus, parler en français alors qu'elle ne connaissait pas la langue ! Rien que pour elle, DALIDA mérite d'être vu.

Le casting est également au diapason avec un Jean-Paul Rouve émouvant en Lucien Morisse, un Riccardo Scamarcio excellent dans le rôle de son frère Orlando (que l'on aurait aimé voir plus) et saluons aussi la performance de Nicolas Duvauchelle qui joue le dernier amour de Dalida, Richard Chanfray. Ce dernier apporte beaucoup de fraîcheur dans la dernière demi-heure du film mais aimer Iolanda est destructeur...

On peut regretter que Lisa Azuelos ne transcende jamais son matériau à l'image de Florent Emilio-Siri qui avait fait de CLOCLO un film incroyablement intense refusant l'hagiographie facile, dynamitant son histoire avec une réalisation hors normes. Ici, Dalida n'a aucun défaut et la cinéaste respecte trop l'artiste pour l'égratigner. Surtout, son frère Orlando était derrière la production et a probablement veillé à ne pas déborder. C'est dommage car tous les efforts réalisés s'en retrouvent un peu faussés. Reste, bien évidemment, une soundtrack magnifique !

 

AVIS GLOBAL : Contenant beaucoup des défauts inhérents au genre, DALIDA n'en reste pas moins un film globalement réussi qui aurait mérité un peu de légèreté dans la noirceur ambiante. Malgré tout, la vie de l'artiste est tellement incroyable qu'on est passionné par ce récit et subjugué par une Sveva Alviti qui a déjà trouvé le rôle de sa vie.

NOTE : 12 / 20

 

DALIDA  2h04

Un film réalisé par Lisa Azuelos

Avec Sveva Alviti, Jean-Paul Rouve, Riccardo Scamarcio, Haydey Borelli.  

critique de DALIDA
Commenter cet article