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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Cet article est un peu spécial. L'ANTRE DU CINEPHILE  a adoré le nouveau film de Mel Gibson et aimerait vous faire partager son enthousiasme avec une analyse de l'ensemble, tant il regorge de symbolique et de puissance cinématographique rare. La vision tardive me pousse également à privilégier ce format plutôt qu'une critique. (IL EST PREFERABLE D'AVOIR VU LE FILM AVANT DE LIRE L'ARTICLE !!)

Desmond Doss est un véritable héros à la trajectoire méconnue. En vérité, nous étions assez peu nombreux à connaître le véritable acte de bravoure de cet objecteur de conscience, qui se refuse à tuer sur le champ de bataille. Disons le d'emblée, Mel Gibson n'évite à aucun moment l'hagiographie, admirant sans bornes le personnage, faisant de lui un véritable ange presque sans défauts. Tout juste verra-t-on, lors d'une séquence, son accès de violence enfouie lorsqu'il menace son père ou encore celle, gamin, où il frappe son frère. Des passages nous permettant de mieux comprendre la véritable psychologie de Desmond, mais qui reste assez peu nombreux pour nuancer suffisamment cet homme. 

Finalement, cette volonté d'élever Desmond ne porte pas préjudice au film, loin de là (également dû à la prestation en tout point exceptionnel d'Andrew Garfield). Il devient un véritable point de repère et ses croyances se révèlent solides. Voici un homme qui a de l'honneur et qui se bat pour des principes surannés. De là, Gibson brode un film guerrier puissant qui questionne la valeur d'une vie : peut-on considérer que tuer sur le champ n'est pas un meurtre ? C'est en tout cas ce que les supérieurs lui disent pour le pousser à prendre une arme. Il est intéressant de se pencher sur cet aspect du film car il remet en question nos valeurs profondes. Durant plus d'une heure, Gibson mélange amour (relation sublime entre Doss et Dorothy), relations familiales et la foi (beaucoup). Profondément chrétien, Desmond est un féru de la Bible et l'image même de Gibson qui n'a cessé de questionner son rapport à la religion dans sa filmo (BRAVEHEART, LA PASSION DU CHRIST). Ici, il le matérialise presque dans une séquence de sauvetage où Desmond souffre pour les autres, une image renvoyant directement aux souffrances du Christ. Le cinéaste est comme ça, sans détour. On aime ou pas. 

La moralité et la religion sont donc les véritables thèmes d'un film qui se veut couper en deux voire en trois : la vie d'avant-guerre, le camp de soldats façon FULL METAL JACKET et le front, horrible et d'une violence presque insoutenable. Dans cette dernière, Gibson filme le champ de bataille avec un réalisme absolu, nous secouant littéralement grâce à un sound design proprement hallucinant encore rehaussé par une imagerie épouvantable (dans le bon sens du terme). Rarement aura-t-on vu un tel degrés de réalité depuis IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN. Là, on se rend compte que tout ce qui se passe avant prépare le massacre à venir qui fera de nombreuses victimes. Des hommes envoyés à l'abattoir. 

La guerre traverse l'histoire, qu'elle soit antérieure ou présente. Le père de Desmond, superbement interprété par Hugo Weaving, a été victime de la précédente, la première guerre mondiale, et n'en ai jamais sorti. Elle lui bousille la vie et celle de sa famille où ses accès de violence incontrôlables font des dégats considérables dans la psychologie de Desmond. Et si, en creux, on pouvait y voir la propre personnalité instable de Mel Gibson ? TU NE TUERAS POINT peut très bien être tout ce qu'on le veut, tant sa richesse thématique semble sans fond. Une chose est sûre : c'est un grand film. 

TU NE TUERAS POINT, MEL GIBSON À SON MEILLEUR

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