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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

QUELQUES MINUTES APRES MINUIT, JUAN ANTONIO BAYONA AU PAYS DES REVES

Publié le 17 Décembre 2016 par Romain Jankowski

Dans sa forme primaire, on pourrait directement penser au LABYRINTHE DE PAN, le film de Guillermo Del Toro. L'esthétique globale y ressemble, mais, au-delà de cette comparaison, le nouveau long-métrage de Bayona (qui a quand même signé le grand L'ORPHELINAT et le non moins exceptionnel THE IMPOSSIBLE), au titre français approximatif (on préfère largement le plus parlant A MONSTER CALLS), promet d'être une plongée magnifique dans l'enfance et son imaginaire. 

L'adaptation du roman de Patrick Ness raconte l'histoire de Conor, un petit garçon qui ne supporte plus un quotidien pesant, entre la maladie de sa mère, l'intimidation de ses camarades à l'école ou encore la fermeté de sa grand-mère. Il s'échappe alors dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaire. Il y a assurément du Spielberg dans ce postulat et le cinéaste espagnol de s'essayer à un genre qu'il n'a pas encore réellement travaillé. Dans l'absolu, QUELQUES MINUTES APRES MINUIT est l'antithèse de L'ORPHELINAT, le rêve face au cauchemar. Dans THE IMPOSSIBLE, il montrait les liens d'amour à travers une catastrophe meurtrière. Il a montré nos peurs les plus primaires dans l'un et les plus fondamentales dans l'autre (la perte des proches, des repères). Ici aussi il est question de peur, celle d'un enfant qui veut quitter une réalité trop grande pour lui et qui surpasse son appréhension de l'inconnu. Evidemment, il y aussi la thématique de la mort qui hante littéralement sa filmographie et l'adaptation du roman de Ness n'y manquera pas.

Pour ce film, le réalisateur a voulu se montrer le plus discret possible en ce qui concerne le numérique. Ainsi, le monstre auquel Conor va se lier d'amitié est un mélange de techniques communes, comme l'animatronique mais aussi d'autres performances plus complexes comme le système hydraulique, permettant à la tête de bouger plus naturellement, celle-ci étant maniée par plusieurs techniciens à la fois. Une vrai volonté de donner de la "chair" à la bête, même si on pourra rétorquer que le dragon de PETER ET ELLIOTT LE DRAGON semblait incroyablement vivant malgré sa dimension numérique. Les moyens n'étaient pas les mêmes non plus. 

Le casting est composé du jeune écossais Lewis MacDougall qui avait incarné ZIgge dans le film PAN, sorti fin 2015. A 14 ans, il trouve ici son premier rôle principal avec ce personnage complexe qui pourrait véritablement lancé sa carrière. Il sera très bien entouré puisque Sigourney Weaver s'est glissée dans la peau de son horrible grand-mère tandis que Toby Kebell joue le rôle du père (Koba dans LA PLANETE DES SINGES, le récent BEN-HUR). La désormais incontournable Felicity Jones (que l'on a vu dans INFERNO et ROGUE ONE, évidemment) incarne la mère malade. Pour cela, elle a dû se transformer physiquement pour rendre crédible cette femme atteinte d'un cancer. Selon les critiques américaines, elle livrerait une sacrée prestation, très émouvante. Pour finir, Liam Neeson prête sa voix au monstre. C'est la troisième fois qu'il le fait pour le cinéma, après le lion Aslan dans LE MONDE DE NARNIA et Bad Cop dans LA GRANDE AVENTURE LEGO.  

Oui, QUELQUES MINUTES APRES MINUIT pourrait largement être le premier choc de 2017, quatre jours seulement après son commencement puisque le film sort le 4 janvier. On espère surtout qu'il aura la diffusion qu'il mérite, METROPLITAN (le distributeur) étant parfois très étonnant dans le choix de son nombre de copies. Après cela, Bayona ira relever un défi sacrément corsé : mettre en boîte JURASSIC WORLD 2, la suite du phénomène au 1,6 milliard de dollars de recettes, et cinquième volet d'une saga qui compte comme l'une des plus grandes de l'Histoire du cinéma. Oui, il y a de la pression. Mais finalement, après des thématiques "spielbergiennes", le cinéaste espagnol rejoint le maître américain. Un juste retour des choses ! 

Revoyez la bande-annonce ci-dessous.

 

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