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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Voici, peut-être, l'un des cinéastes les plus inégaux de tous les temps. En effet, plus d'une fois il a dû s'occuper des films de commande pour nourrir sa famille, négligeant ainsi nombre de longs-métrages. Au delà de ça, on pourra retenir ses fulgurances, avec, au sommet, l'inévitable LA FUREUR DE VIVRE avec James Dean.

Né en 1911 dans une famille aisée du Wisconsin, Nicholas Ray est happé par le monde du théâtre dans les années 30. Il y rencontre Elia Kazan et Joseph Losey. C'est à la politique originale de la RKO à l'égard des jeunes cinéastes qu'il doit de réaliser son premier long-métrage, LES AMANTS DE LA NUIT, en 1949. Dans ce film, qui raconte la dérive criminelle d'un jeune couple, on trouve déjà toute sa thématique de la marginalisation, sa directions d'acteurs impeccable ou encore son goût pour les ambiances crépusculaires (la fin, grandiose et tragique). Après ce premier coup d'éclat, le grand Humphrey Bogart va s'intéresser au cinéaste en produisant et interprétant LES RUELLES DU MALHEUR et LE VIOLENT. Ce dernier film montre que Ray ne s'intéresse pas qu'à la jeunesse. Les couples mûrs de VIOLENT, de JOHNNY GUITAR et de TRAQUENARD sont le pendant de ceux, à peine sortis de l'adolescence, des AMANTS DE LA NUIT et de LA FUREUR DE VIVRE.

Bien sûr, le film avec James Dean reste le plus emblématique, le plus célèbre, le plus grand. Il marqua son époque et le destin tragique de sa star ne fera que renforcer son statut. Cependant, il ne faut pas oublier un autre grand film de Nicholas Ray : LA FORÊT INTERDITE. Réalisé dans des conditions désastreuses en 1958, le cinéaste malade, plusieurs fois remplacé, reste l'un de ses plus beaux films. Le thème écologique est grandiose, tant dans sa forme que dans son fond. On ne pourrait que recommander ce film aujourd'hui, qui trouve un écho encore très fort. A noter aussi, le très beau DERRIERE LE MIROIR, une réponse (ou continuation) à LA FUREUR DE VIVRE où le malaise du fils dans ce dernier répond à celui du père dans le premier.

Des films moins bons vont ponctuer sa carrière (comme cité plus haut) avec des commandes plus ou moins travaillées (LES DIABLES DE GUADALCANAL, LE ROI DES ROIS, LES 55 JOURS DE PEKIN). Le cinéaste s'éteint en 1979, à New York, où il termine sa dernière oeuvre, un film expérimental WE CAN'T GO HOME AGAIN. Une carrière finalement brève, mais riche, qu'il est impératif de rattraper. Notre époque a oublié ce cinéaste qui est ouvertement très moderne et qui porte un propos encore juste aujourd'hui. Ce n'est pas pour rien qu'il fut l'étendard et l'inspiration pour des cinéastes aussi célèbres que François Truffaut, Wim Wenders ou Pedro Almodovar !

James Dean et Nicholas Ray sur le tournage de LA FUREUR DE VIVRE

James Dean et Nicholas Ray sur le tournage de LA FUREUR DE VIVRE

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