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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE BILAN DE L'ÉTÉ 2016

Publié le 2 Septembre 2016 par Romain Jankowski

L'été au cinéma est devenu une parenthèse hollywoodienne où deux à trois blockbusters se disputent l'affiche. Cette année, il y en avait à tous les étages et il y a autant de victimes à déplorer d'autant que la qualité n'a pas été forcément au rendez-vous.

 

DES FILMS RISQUÉS

Sur le papier, aucun n'était assuré d'un carton ou d'un échec. Des films risqués, pas dans leur parti pris (suites, reboot, remake...), mais bien dans leurs paris complètement dingues, de mettre quasi 200 millions sur la table ! Ainsi, les échecs se sont multipliés et cette question des budgets interpelle. Cette saison a un peu ressemblé à celle de 2013 où la même quantité astronomique de super-productions, coûtant des millions de dollars, avait immanquablement connu beaucoup d'échecs. Par exemple, TARZAN a coûté la bagatelle de 185 millions de dollars. Comment la Warner peut-elle avoir l'idée de mettre autant d'argent dans une licence perdue de vue depuis un long moment (le vrai film marquant était le Disney en...1999), sans véritable star porteuse (Margot Robbie, mais pas suffisant) ni enjeux très clairs (Tarzan n'est plus dans sa jungle, décide d'y retourner, redevient Tarzan, difficile à marketer) ? Disons qu'avec 348 millions de recettes, la rentabilité est nulle. Il faut savoir que la production ne touche (environ) que 50 % des recettes, les autres parts revenant aux exploitants et autres ayants droits (comme les avances sur recettes à tel acteur, par exemple). C'est-à-dire que oui, WARNER a perdu de l'argent si on compte, en plus, les 100 millions pour la promotion. Voilà un chiffre définitif : pour un budget global de 285 millions de dollars, TARZAN n'a rapporté que (environ) 174 millions à la WARNER. Un échec donc. Autre naufrage, l'inévitable SOS FANTÔMES. Alors que SONY avait presque eu l'espoir, paradoxal, que le mauvais buzz lui profite, le film est sorti dans l'indifférence totale ! Avec 217 millions de recettes mondiales pour 140 de budget (sans compter la promo), ce reboot raté est un échec retentissant. Et pas le premier pour le studio qui doit commencer à s'inquiéter pour sa balance financière.

 

TROP DE SUITES

CONJURING 2, NINJA TURTLES 2, NOS PIRES VOISINS 2, LE MONDE DE DORY, ALICE 2, L'AGE DE GLACE 5, INDEPENDENCE DAY 2, INSAISISSABLES 2, JASON BOURNE, STAR TREK 3... Ca va, vous avez suivi ? Evidemment, il y a eu trop de séquelles, et pas toutes de qualité. Mais le public a aussi montré son agacement envers ses franchises improvisées. Pourquoi improvisées ? Parce que le film de Roland Emmerich, INDEPENDENCE DAY, n'avait absolument pas besoin de suite, comme INSAISISSABLES qui se tenait tout seul. Deux longs-métrages qui portent en eux des vrais intérêts de producteurs. Sans âmes, plutôt divertissants, mais sans réelle solidité cinématographique. Avec, respectivement, 383 et 313 millions de dollars de recettes, ils n'ont pas été les succès escomptés.

Il y a ensuite ces franchises qui n'ont pas réussi à confirmer, et artistiquement, et financièrement. L'échec dantesque de ALICE DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR, en est la preuve. Quand le premier rapporte 1 milliard de dollars, sa suite (trop tardive, six ans plus tard !) n'en rapporte que 277 millions pour 200 de budget... Sans parler de la qualité médiocre du film à la direction artistique foireuse. Même son de cloche pour la PARAMOUNT et son agressif NINJA TURTLES 2. La qualité du premier avait déjà refroidi les spectateurs. Un paramètre que le studio n'a apparemment pas pris en compte au moment de lancer cette suite. Avec 242 millions de dollars de recettes, c'est la preuve du désintérêt global par rapport à cette franchise. Dans un autre registre, L'AGE DE GLACE 5 a sonné le glas de la saga. Là aussi, c'est une suite trop tardive et qui n'avait aucun réelle intérêt. Le quatrième semblait être une belle conclusion. Résultat, le public n'a pas suivi : il n'est, pour le moment, qu'à 367 millions de recettes. Son exploitation n'est pas terminée, mais il fera moitié moins bien que tous les autres épisodes (excepté le 1).

 

LE FILM D'HORREUR A LA CÔTE

Ce fut la tendance de cet été ! Une formule gagnante : petit budget, grande rentabilité. La figure de proue de cet ensemble fut, bien évidemment, CONJURING 2. La maestria de James Wan a encore frappé, et le film de rapporter 317 millions de dollars de recettes, autant que le premier. Gros buzz, qualité artistique indéniable, le public a été au rendez-vous. Et a suivi quelques semaines après, avec DANS LE NOIR. Puis maintenant DON'T BREATHE et, dans une moindre mesure, INSTINCT DE SURVIE. Une base solide se forme et la qualité est également entrain de revenir. Peut-être que le film de genre va trouver une nouvelle impulsion. En piochant dans son passé, tout en modernisant son récit, l'angoisse commence à revenir dans les salles de cinéma.

 

LES FILMS ORIGINAUX

Pour finir ce bilan, peu glorieux, de l'été, on dira un mot sur les deux projets "originaux" de la saison. COMME DES BÊTES, des studios ILLUMINATION (LES MINIONS), a été un vrai bon succès (pour le moment, 724 millions de dollars de recettes) et fut, finalement, la star de cet été côté animation vu l'échec de L'AGE DE GLACE 5. Bon, ok, le vrai carton c'est LE MONDE DE DORY est ses 929 millions !

L'autre projet plus ou moins original : SUICIDE SQUAD. Faisant parti de l'univers DC, le film de la WARNER a fait un buzz ahurissant. Entre partisans et détracteurs, pro-MARVEL et pro-DC, on a pu voir le pire des commentaires et analyses sur le net. Avec, pour l'instant, 637 millions de recettes, c'est un succès. Comme quoi, un projet original n'est pas forcément synonyme d'échec... Sauf pour Spielberg et LE BGG, qui ne rapporte que 146 millions. Le vrai gros échec (triste) de l'été, c'est lui.

SUICIDE SQUAD, la vraie star de l'été, dans et en dehors des salles de cinéma !

SUICIDE SQUAD, la vraie star de l'été, dans et en dehors des salles de cinéma !

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