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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de BLOOD FATHER

Publié le 1 Septembre 2016 par Romain Jankowski

Tout commence par une ironie acerbe : des boîtes de balles défilants sur un tapis de caisse puis la caissière demandant la carte d'identité de la demoiselle pour... de l'alcool ! Jean-François Richet confronte directement l'Amérique face à elle-même, à ses défaillances de système aberrantes. Là se pose la veine d'un cinéaste qui sait distribuer des uppercuts quand il faut. Ici, ce sera malheureusement le seul.

BLOOD FATHER n'est rien de plus qu'une bonne série B bien ficelée. Bien sûr, on pourra reconnaître à Richet son désir de se mettre du côté des prolétaires, du peuple d'en-dessous qui vit hors d'un système qui ne veut pas d'eux. Le constat reste cependant le même : il vous rattrape toujours, qu'il se matérialise par les délits ou des erreurs irrécupérables (un chef de cartel tué par la fille ici). Mais en compactant son film (pas plus d'une 1h28), le cinéaste français ne parvient pas à rendre palpable cet aspect de l'histoire et préfère se concentrer sur la relation père-fille.

La force d'un tel duo réside dans quelques scènes très touchantes. Notamment une dans un bar où ils se réunissent enfin, où ils parviennent à n'être qu'une entité, hantée par le même but : se battre l'un pour l'autre. C'est d'ailleurs à ce niveau là que BLOOD FATHER est le plus réussi. Au début, la fille et le père pensent à eux, aux répercussions que les actions de l'un peut avoir sur l'autre. Ainsi, le père pense beaucoup à sa rechute lorsqu'il comprend que sa fille est dans de mauvais draps. Une incidence psychologique appréciable.

On passera cette histoire un peu farfelue de gangs, cartels et de petites affaires dans la grande, pour finalement se concentrer sur la force absolue du film : Mel Gibson. Une prestation forte, imposante, marquée par le poids des années et du passé. La dimension méta est très prégnante, son personnage résonnant comme un écho de sa propre vie. Il incarne ce père qui sait qu'il ne peut rattraper ses erreurs du passé, ni connaître plus sa fille qu'il aime. Alors il va tout faire pour qu'elle s'en sorte, qu'elle est une vie décente. Un acte de bravoure et d'amour qui l'emmène casser la gueule à quelques anciens amis, mais également à lui rendre une humanité grâce à sa fille, qui l'ouvre au monde extérieur. Il y a du beau là-dedans, il y a de la grâce chez Mel Gibson qui revient prouver qu'il est l'un des plus grands acteurs de sa génération. BLOOD FATHER est peut-être imparfait, mais sa prestation mérite à elle seule le déplacement.

 

AVIS GLOBAL : Richet ne pousse pas son film au-delà de son scénario codifié. Mais l'intérêt est ailleurs, en Mel Gibson, ébouriffant de charisme, mais également dans cette belle relation père-fille, très bien travaillée.

NOTE : 13 / 20

 

BLOOD FATHER 1h28

Un film réalisé par Jean-François Richet

 

Avec Mel Gibson, Erin Moriarty, Diego Luna, Michael Parks.

critique de BLOOD FATHER
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