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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LA COULEUR DE LA VICTOIRE

Publié le 3 Août 2016 par Romain Jankowski

Raconter l'histoire de Jesse Owens, célèbre quadruple médaillé d'or en 1936, n'était pas chose aisée. En parallèle de l'incroyable prouesse sportive de cet homme, il fallait raconter son contexte en rapport avec sa couleur de peau, thème primordial quand on sait que les jeux de 1936 furent le symbole de la puissance fasciste à Berlin. Et suivre également les tractations politiques derrière le sport. A qui tout cela profite-t-il ?

Soyons honnêtes, le scénario ne parvient pas à rendre tout concret de la même manière. Le parcours de Jesse Owens est le plus réussi, mélange de fougue, de force, mais également de conviction malgré ses doutes. Lorsqu'il comprend devenir plus qu'un athlète, la caméra le suit, en long plan-séquence, en train de parcourir l'énorme stade olympique de Berlin et de s'élever en symbole. LA COULEUR DE LA VICTOIRE est d'abord une louange au sport, celui qui casse les barrières, qui rassemble le peuple. Mais il est éphémère et la scène finale ne fait pas que montrer cela, il met en parallèle les abjections nazies avec le racisme américain. Un noir ne peut pas rentrer par la même porte que celle des blancs et doit emprunter l'entrée de service, même si on a gagné quatre médailles d'or. Un constat sec qui tranche avec le happy-end attendu.

D'un point de vue politique, le film s'efforce à rendre compte des petites histoires qui ont parsemé la grande, sans réussir à tout nous englober. Ainsi, il y a une simplification des enjeux et des personnages, en témoigne celui de la cinéaste nazie Leni Riefentshal, réduite à être... sympathique. Une erreur qui prouve la difficulté de Stephen Hopkins, le cinéaste, à brasser l'ensemble de ses thèmes tout en restant mainstream.

Cependant, on est littéralement pris par le souffle de cette histoire et sa bonté. Par nos temps troublés, il est bien de rappeler que la haine et la discrimination ne mènent qu'à la division et la guerre. Voir ces nazis dans leur coin, comploter contre le monde entier et emmener des juifs dans l'ombre, font froid dans le dos. En tant que témoin du passé, nous savons comment cette histoire s'est malheureusement terminée... Hopkins n'en rajoute jamais, mais ces petites touches annonciatrices du massacre à venir sont très bien traitées. Son contexte en devient plus fort, la victoire de Owens encore plus belle. Voilà un film qui fait du bien !

 

AVIS GLOBAL : Une histoire certes trop grande pour être traitée en deux heures. Mais LA COULEUR DE LA VICTOIRE domine son sujet par une foi sans faille en son personnage principal tout en maîtrisant très bien son contexte historique.

NOTE : 14 / 20

 

LA COULEUR DE LA VICTOIRE 1h58

Un film réalisé par Stephen Hopkins

Avec Stephan James, Jason Sudeikis, Jeremy Irons, Carice Van Houten.

 

 

critique de LA COULEUR DE LA VICTOIRE
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