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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LE BON GROS GEANT

Publié le 22 Juillet 2016 par Romain Jankowski

critique de LE BON GROS GEANT

Le retour de Steven Spielberg, six mois seulement après le magnifique PONT DES ESPIONS, donnait envie. Un retour au fantastique, une avancée dans le conte pur, attaqué frontalement avec une adaptation de Roald Dahl, et pas la plus simple. Celle de ce bon gros géant, sans véritable lien narratif composé "d'épisodes".

Le premier défi du cinéaste, et de sa regrettée scénariste Melissa Matheson, a été de solidifier l'ensemble et d'injecter plus de matière cinématographique. Un pari à moitié réussi dans le fond. Si l'amitié entre le géant et la fillette est superbement filmée, l'interaction avec les autres géants et le vrai monde (dont la reine d'Angleterre) manque cruellement de véritable dynamique. On sent Spielberg un peu moins à l'aise dans cet exercice, lui le roi de l'émotion et du degrés primaire. On le voit un peu gêné par la teneur humoristique de certaines scènes et ne parvient pas réellement à s'approprier le conte. Il est parfois un peu trop statique également, le récit manquant de rebondissements ou de dangers.

Mais Spielberg reste Spielberg. Même dans un film "mineur", il parvient à être au-dessus d'une bonne partie de la production actuelle. Visuellement, d'abord, le style est grandiose, la lumière magnifique (ces premiers plans dans l'orphelinat, totalement spielbergiens) et le pays des géants, remarquable. Et que dire de l'animation où l'on voit à la perfection les traits de Mark Rylance (qui incarne en Mocap le BGG). Le clou du spectacle reste le paysage des songes, moment de grâce et de poésie absolues. On en ressort assez émerveillé par la force de cette imagerie qui s'imprime durablement dans l'inconscient. Sans parler d'un plan-séquence jubilatoire au possible lorsque la fillette essaie de se cacher des méchants géants dans la maison du BGG. Etourdissant !

Surtout, ce film est à considérer comme un propre miroir tendu au cinéaste, celui du gardien des rêves. Lui et le BGG sont deux entités communes et tendent à montrer à cette fillette (et au spectateur, par conséquent) la puissance des histoires et de la vie, tout simplement. Spielberg arrive à un moment de sa carrière (et de sa vie) où il regarde en arrière, s'expose à ses ratés, mais ne retient que la force de rêver, encore et encore. Il y a dans ce regard triste du BGG un aspect bouleversant irréfutable. Malgré sa quantité de défauts, le 30ème film du maître parvient tout de même à nous bousculer.

AVIS GLOBAL : D'une beauté sidérante, le BGG souffre de son écriture maladroite et de longueurs indiscutables. Malgré tout, l'émotion est prégnante et le film de s'inscrire logiquement dans la carrière et les thématiques du cinéaste.

NOTE : 13 / 20

LE BON GROS GEANT 1h57

Un film de Steven Spielberg

Avec Mark Rylance, Ruby Barnhill, Penelope Wilton, Jemaine Clement.

critique de LE BON GROS GEANT
Commenter cet article

Lisa 14/11/2016 15:49

Ce film, qui est toute beauté, s’adresse aussi bien aux petits comme aux grands. Qui plus est, les effets spéciaux sont réussis, l’histoire est belle et les personnages sont attachants.