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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LE BILAN ECONOMIQUE DE 2015

Publié le 30 Décembre 2015 par Romain Jankowski

Le cinéma reste indiscutablement l'une des sorties préférées de la population. Qu'il soit au niveau mondial ou national, les recettes sont très bonnes. La France ne reculera que de 2 % par rapport à 2014 qui avait dépassé les 208 millions d'entrées. Une petite perte qui s'explique par le manque d'une grosse locomotive tel que QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? qui avait cumulé 12 millions d'entrées. Aux USA, les recettes seront les plus hautes jamais enregistrées après le coup de mou de 2014. Elles s'élèvent à 10 503 000 000 et ce n'est pas fini. Mais désormais, les blockbusters s'intéressent beaucoup au pays phare de cette année : la Chine ! Elle a enflé toutes les recettes, aidé FAST AND FURIOUS 7 et JURASSIC WORLD à se hisser à des hauteurs exceptionnels, réservé des gros succès à ses productions locales. Le cinéma est devenu une valeur sûre en Chine. Les financiers s'en frottent les doigts et les coproductions risquent d'être de plus en plus nombreuses...

 

LE BILAN FRANÇAIS

Pour être plus clair et donc moins confus, nous allons découper le bilan en plusieurs parties. D'abord, jetons un oeil sur nos entrées. Au-delà de sa réussite financière (comme cité plus haut), il faut souligner, malheureusement, l'échec de la production française. Le taux annuel ne s'élèvera guère au-dessus des 33 % soit le pire score affiché de toute l'Histoire ! Le top 10 est quasiment américain, sauvé par la star incontestable Kev Adams qui place ses deux films en sixième et dixième position (ALADIN : 4,4 millions et LES PROFS 2: 3,5 millions). Que l'on aime ou pas, force est de constater qu'il reste un des rares acteurs français à ramener des spectateurs en salles par la seule force de son nom. Les échecs se sont multipliés notamment pour Jamel Debbouze avec POURQUOI J'AI PAS MANGE MON PERE qui fait moitié moins de son objectif ( 2,3 millions). Pas assez adulte ni trop accessible pour les enfants, Jamel a raté le coche. Les seuls qui ont tirer leur épingle du jeu s'appellent PAPA OU MAMAN et BABYSITTING 2 (dont l'exploitation est encore loin d'être terminée). Cumulant respectivement 2,8 et 2,1 millions (provisoire pour le deuxième), ce sont les deux seules comédies françaises qui surnage. BIS (1,5 millions) et UNE FAMILLE A LOUER ( 744 000) ne peuvent en dire autant. Reste alors des films plus sensibles et surprenants comme LA LOI DU MARCHE qui a réussit à attirer prés de un millions de spectateurs sur un sujet sensible (le chômage) et L'HERMINE, joli film porté par Fabrice Luchini qui ne sera pas loin, également, du million. Déception, en revanche, pour LE DERNIER LOUP, sublime film de Jean-Jacques Annaud qui est resté bloquer à 1,3 millions.

Les 67 % restant sont donc dominés par les ricains , évidemment. Le phénomène LES MINIONS (6,4 millions), FAST 7 (4,5 millions), SPECTRE (provisoirement 4,7 millions) ou encore AVENGERS 2 (4,2 millions) et bien sûr JURASSIC WORLD (avec un surprenant 5,2 millions). 2016 sera-t-il semblable ?

 

 

LE BILAN AMERICAIN

Quand une masse de blockbusters envahissent les salles de cinéma, ils ne peuvent pas être TOUS des gros succès. Il y a des surprises (SAN ANDREAS avec 155 millions de dollars de recettes) mais aussi de lourds échecs à l'image de Schwarzy qui aura raté définitivement son retour sur grand écran. En plus d'être un bide critique (très sévère d'ailleurs), il enregistrera seulement 89 millions au BO américain. Une claque. Comme le vilain petit canard de l'année, LES 4 FANTASTIQUES et ses malheureux 56 millions. Acharnement de la presse, du public, du monde entier sur un film certes inoffensif mais restant un agréable divertissement.

Aujourd'hui, Internet et le buzz qu'il engendre s'avère le meilleur moyen pour lancer un film mais aussi... le détruire. Il y a un genre nouveau qui s'installe dans le paysage : Le critique public qui déteste tout. Voici les explications : un individu lambda va répéter sans fin qu'un film est nul pour le plaisir, sans argument fort et avec une bonne dose de cynisme. C'est en ce moment le cas pour STAR WARS 7 mais ce fut aussi la plaie de JURASSIC WORLD, assurément le succés-surprise de l'année (652 millions de recettes aux USA). Pourquoi cet acharnement ? C'est très simple : les recettes. Jouant tous les deux sur une bonne dose de nostalgie et cartonnant de manière monstrueuse, ces films ont attiré des convoitises haineuses évidentes. Internet devient alors un champ de batailles qui n'a pas effleuré les dinosaures mais qui a touché de plein fouet TERMINATOR et LES 4 FANTASTIQUES, par exemple.

Dernier point : les super-héros. Essentiel au vu d'une année 2016 qui va les enchaîner avec une vraie confrontation MARVEL / DC. Cette année MARVEL a encore conquis le public avec 459 millions de dollars de recettes qui reste en deçà des attentes de Disney. Le premier en avait attiré 150 millions de plus... ANT-MAN ne fut pas un gros carton aux USA avec 180 millions. Cependant, parler de lassitude me paraît un peu hâtif. AVENGERS 2 reste rayonnant (Disney avait placé la barre trop haut au niveau de ses ambitions) et ANT-MAN était un super-héros peu connu et peu emballant sur le papier (le contraire du film, bien mené). L'an prochain, MARVEL/DISNEY ne sera plus seul à bord et, de par son côté événementiel, risque d'être un peu mis à l'ombre par BATMAN VS SUPERMAN.

 

 

LE BILAN MONDIAL

Cinq films dépassant le milliard, qui dit mieux ? Année exceptionnelle après la décevante 2014 (TRANSFORMERS 4 avait fini leader avec 1,050 milliard), 2015 restera l'année du studio UNIVERSAL : JURASSIC WORLD (1,6 milliard), FAST 7 (1,5 milliard), LES MINIONS (1,1 milliard), 50 NUANCES DE GREY (549 millions) ou encore PITCH PERFECT 2 (286 millions). Mention spéciale à la bande de Vin Diesel qui réussit une prouesse extraordinaire surtout qu'il n'était pas proposé en 3D (qui enfle beaucoup les recettes). AVENGERS 2 atteindra les 1,4 milliard, à 100 millions des recettes du premier volet. Quant à ANT-MAN, il dépassera allègrement les 518 millions, un joli succès (merci la Chine). Pour Disney, le vrai carton restera VICE-VERSA, qui marque la renaissance du studio Pixar. Avec 851 millions de dollars de recettes et un engouement critique et public fort.

Les autres places sont trustées par des films attendus : SPECTRE qui ne réussira pas l'exploit de SKYFALL avec 850 millions de dollars. Un beau succès mais pas tant que ça si on jette un oeil à son budget pharaonique (300 millions, SONY a un peu abusé). Son homologue, Ethan Hunt et sa cinquième MISSION IMPOSSIBLE reste dans la lignée du précédent volet avec 682 millions de dollars de recettes. Pour finir, on pourra saluer la performance de SEUL SUR MARS, nouveau film de Ridley Scott, qui a récolté prés de 600 millions de dollars de recettes ! Un exploit, le film n'étant ni une suite, ni un prequel, ni un reboot, ni un spin-off. Un film original, quoi. Une rareté, en somme.

Le rayon des déceptions maintenant : HUNGER GAMES 4 qui avec ses 650 millions qu'il récoltera en fin de parcours signe le moins bon score de la franchise. Une baisse générale, tant au niveau quantitatif que qualitatif. MAD MAX FURY ROAD, bombe atomique de cette année, avec un engouement rare ne finira sa carrière qu'à 375 millions. TERMINATOR GENYSIS ne fera guère beaucoup mieux avec ses 440 millions. Il fut sauvé du naufrage grâce à la Chine (encore) qui lui a apporté 113 millions de dollars ! Autre claque, celle de McFarlane avec TED 2. Carton surprise en 2012 (plus de 500 millions), la suite fut un échec retentissant qui risque de faire mal à son créateur : seulement 215 millions de recettes ! Mais ce n'est rien comparé aux trois coups de tonnerre de l'année : l'inévitable 4 FANTASTIQUES qui, avec ses 167 millions remboursera in extremis son budget de 120 millions. Ce ne sera pas le cas pour l'épouvantable PAN qui s'est planté d'une belle manière : des recettes ne s'élevant qu'à 126 millions pour un budget de... 150 ! Mais les plus grosses pertes seront pour Disney. JOHN CARTER leur avait déjà fait mal. A LA POURSUITE DE DEMAIN fera pareil. Deux films originaux, deux lourds échecs. Avec 209 millions de dollars de recettes (pour 200 de budget), les pertes seront grandes pour Disney, au vu du surplus de marketing du film.

 

Maintenant que 2015 s'achève, on a déjà hâte d'attaquer 2016 et ses gros morceaux qui nous exciteront ou nous décevront !

 

(STAR WARS n'a pas été analysé car sa carrière se poursuit actuellement. Il aura le droit à son article, ne vous en faîtes pas)

 

 

 

 

 

LE BILAN ECONOMIQUE DE 2015
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