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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski
critique de MON ROI

Maïwenn. L'histoire d'une réalisatrice, d'une force de conviction, d'un cinéma directement hérité de Maurice Pialat, sa référence absolue. Son premier fait d'armes, PARDONNEZ-MOI, claque sidérante sur son désir de famille. Après le mini-raté (tout-à-fait subjectif) LE BAL DES ACTRICES, POLISSE fut une claque, puissante et dévastatrice. Un choc viscéral emmené dans une sorte de faux-documentaire émouvant et tragique.

Même si l'attente était énorme, on se doutait que le film suivant serait forcément moins exaltant, moins surprenant, moins fort. Et autant tuer le suspense d'emblée : oui, MON ROI est moins bon que POLISSE. Et on s'arrêtera ici pour les comparaisons car son dernier opus mérite qu'on s'y intéresse pleinement. Une histoire d'amour qui dérape ou pas, c'est selon les points de vue. Tout est toxique entre Tony et Giorgio mais elle s'accroche, encore et encore. Avec son style flamboyant fait d'improvisations et de scènes de la vie que l'on a tous plus ou moins connues, Maïwenn s'affranchit une nouvelle fois des codes du cinéma classique pour démontrer une valeur cinématographique rare, celle de la proximité malsaine. On est parfois mal à l'aise par ce trop-plein de réalisme. Jusque la rupture où Tony est complètement saoul devant les amis de son mari dans une séquence qui sonne totalement fausse. Malheureusement, la réalisatrice va un peu les enchaîner sur la fin perdant son équilibre si durement gagné. Deux heures c'est long et ses digressions hospitalières (Tony est en centre de rééducation suite à une blessure au genou) sont drôles mais finissent dans un propos assez déstabilisant : le débat des classes sociales. Etonnant d'aborder cela alors que le film n'y fait jamais mention. Une erreur en cours de route, probablement.

Car Maïwenn reste touchante dans son trop-plein, dans sa volonté à étirer les scènes, dans ses regards d'acteurs qui se jettent à corps perdus dans la bataille. Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot en tête, évidemment (la seconde a obtenue le prix d'interprétation féminine à Cannes cette année). Ils sont tour à tour incroyables de générosité, parfois grotesques, parfois touchants, parfois énervants et offrent surtout au film une incarnation de tous les instants. Sans oublier l'exceptionnel Louis Garrel, génial second rôle que l'on aurait aimé plus présent.

Comme à chaque fois, il y aura des allergiques à ce style et des adorateurs. Pourtant, il est difficile de passer à côté d'une réalisatrice si intéressante dans ses idées, dans ses partis pris, dans ses outrances. Oui, c'est vulgaire et le vase déborde, souvent, mais MON ROI est indiscutablement une vraie proposition de cinéma.

MON ROI 2h04

Film réalisé par Maïwenn

Avec Emmanuelle Bercot, Vincent Cassel, Louis Garrel, Isild Le Besco.

NOTE GLOBALE : 14 / 20

critique de MON ROI

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