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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de CRIMSON PEAK

Publié le 19 Octobre 2015 par Romain Jankowski

critique de CRIMSON PEAK

Guillermo Del Toro est un cinéaste à l'univers visuel et thématique bien spécifique. Après ses grosses machines sans saveurs (les HELLBOY mais aussi le plaisir coupable PACIFIC RIM), il revient dans sa singularité, signant une oeuvre ténébreuse à souhait magnifiée par un trio d'acteurs remarquable.

Avant tout, le film raconte une histoire d'amour. Celle d'Edith (Mia Wasikowska) et Thomas Sharpe avec une ambiguïté de taille. Et le reste que je vous laisse découvrir une fois en salles. Chargé de métaphores et continuellement à la recherche de l'étouffement, Del Toro ne ménage pas le spectateur qui s'engouffre, comme l'héroïne, dans la découverte d'un secret macabre mais un poil prévisible malgré tout (il y a fort à parier que beaucoup auront découvert le twist final avant son dévoilement). Heureusement, le scénario ne s'attache pas qu'à cet unique argument et convoque une psychologie de tous les instants qui passe par une seule chose : l'écran.

Oui, le cinéaste espagnol revient à la forme la plus pure du cinéma (un peu à l'image du dément MAD MAX FURY ROAD) : la transgression visuelle. Esthétiquement, CRIMSON PEAK est un monstre dans tous les sens du terme, se laissant aller à des trouvailles qui ne manquent pas d'imagination (l'argile rouge dominant le blanc dans un effet macabre glaçant). Tous les plans ressemblent à des tableaux, notamment ceux de la première partie qui se déroule en ville. Del Toro n'a pas son pareil pour le sens du détail se conjuguant à un effet poétique imparable. Et lorsque l'histoire entre dans sa phase "horrifique" elle déçoit forcément car on s'attendait probablement à mieux. Les frissons sont rarement présents. Mais une nouvelle fois, l'essentiel est ailleurs, dans sa manière de rendre un esprit aux fantômes ou de jouer sur le plus gros argument du film : le manoir.

Construit tout entier (en dur, en réel), il en impose méchamment. Effroyablement beau, la chute des feuilles ou de la neige (effet splendide), l'argile, une nouvelle fois, qui perce les murs et le sol, les couloirs, sombres et resserrés, le manoir est un personnage à lui tout seul rehaussé par un montage sonore quasi-parfait (les craquements, les souffles du vent, l'expérience en salles s'impose).

CRIMSON PEAK est un bon film, admirablement réalisé mais qui souffre de petits défauts d'écriture et d'un grand-guignolesque parfois mal-venu. S'achevant sur un affrontement au suspense imparable, le retour de Del Toro dans son "monde" s'avère réellement bénéfique à sa carrière et confirme qu'il est l'un des réalisateurs majeurs de sa génération.

CRIMSON PEAK 1h59

Film réalisé par Guillermo Del Toro

Avec Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, Jessica Chastain, Charlie Hunnam.

NOTE GLOBALE : 14 / 20

critique de CRIMSON PEAK
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