Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Un lasso. Un chapeau. Un blouson en cuir. Une démarche. Indiana Jones c'est avant tout un vrai héros charismatique capable de braver tous les dangers avec une cool-attitude immuable. C'est aussi Harrison Ford et ça le sera pour toujours. Alors qu'on parle de plus en plus d'un reboot avec Chris Pratt (le meilleur choix possible), retour sur une saga dantesque, peut-être parfois outrancière, mais qui met en valeur une qualité du cinéma de divertissement perdue : l'ouverture à l'illusion naïve.

 

1.LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE (1981)

Dans ce film initié par George Lucas, il est question d'un archéologue, professeur à ses heures perdues, qui doit retrouver une mystérieuse arche antique. Indiana Jones c'est la figure éternelle du héros rêvé qui drague, qui sait tout faire, qui s'en sort constamment par une pirouette. C'est un peu TINTIN mais en version moins solennel. Lorsque l'on voit ce film, plus de trente après, on se rend compte qu'il n'a pas pris une ride. De sa séquence d'ouverture, grandiose, à son final bien gore, la première aventure de Jones est un sommet d'entertainement, une ode à l'action et à l'humour. Une maestria de mise en scène. C'est normal, c'est Steven Spielberg. Le pire, c'est qu'il restera le moins impressionnant. Pour le reste, le charisme terrassant de Harrison Ford fera le reste. Il incarne à merveille son personnage et son duo avec Karen Allen, dans le rôle délicieux de Marion Ravenwood, fait des étincelles. Machine implacable qui consiste à enchaîner les péripéties de plus en plus périlleuses, le film ne retombe jamais et ne s'embarrasse à aucun moment d'un surplus de psychologie lancinant. C'est ce qu'on appelle une oeuvre culte, tout simplement.

 

 

2. LE TEMPLE MAUDIT (1984)

S'ouvrant sur l'une des meilleurs séquences de la saga, ce deuxième opus souffre de quelques carences par la suite, la faute à un scénario un poil décousu. Moins d'humour et plus de bla-bla un peu futile. Surtout, il y a certains choix discutables comme celui de laisser Indiana se faire "posséder" qui annihile une bonne dizaine de minutes. Mais ce qui frappe, c'est sa violence : coeurs arrachés, enfant enchaînés et frappés, sacrifices sanglants... il est étonnant de voir à quel point le curseur a viré au rouge. Malgré tout, ce TEMPLE MAUDIT n'est pas si horrible que Spielberg le prétend. Il filme encore des séquences folles d'inventivité comme cette poursuite dans la mine à bord d'un charriot. Kate Capshaw, appelée à devenir la femme du cinéaste, s'en sort bien dans un rôle totalement différent de Marion car son personnage est un peu nunuche et ne goûte pas à l'aventure. Sans oublier le petit Demi-lune, très bon complément jeunesse à Indiana. Film en demi-teinte mais tout de même sacrément divertissant.

 

3. LA DERNIERE CROISADE (1987)

Oui, ce troisième volet est le meilleur de la saga. Les raisons sont multiples. Il y a d'abord cette action complètement ininterrompue, cette course-poursuite dans le désert à bord d'un tank avec des chevaux, des voitures, des lance-roquettes qui dure plus de vingt minutes ! Une prouesse technique hallucinante qui laisse sur les rotules. Il y a cette scène osée et totalement folle où Hitler signe un autographe à Indiana. Lourde de sens, elle désacralise le fuhrer en un seul plan. Sans oublier la poursuite à Venise, l'ouverture où l'on voit Indiana jeune, l'humour omniprésent et surtout la relation père-fils entre Ford et Sean Connery. Ce dernier, totalement différent du premier, est vraiment génial dans ce rôle d'archéologue érudit mais pas aventurier pour un sou à la différence de son fils. Leurs conflits donnent lieu à des scènes très drôles. Impressionnant d'inventivité, détonnant visuellement, Spielberg signe un nouveau sommet du cinéma.

 

4. LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL (2007)

Indiscutablement, celui qui fait débat. Pétri de bonnes intentions, il faut reconnaître que ce dernier volet sonne un peu faux. La faute à George Lucas qui a insisté pour avoir ses extra-terrestres. Après beaucoup de discussions, Spielberg a dû plier (Lucas est producteur...) et est né ce film hybride, parfait dans sa première heure et totalement désincarné dans la seconde. Oui, il y a cette volonté de revenir au divertissement d'antan avec une utilisation des images numériques un peu "fausse". Malheureusement cette intention n'est pas toujours très claire et le visuel de devenir parfois brouillon. En témoigne cette course-pousuite, impressionnante, mais qui vire parfois au n'importe quoi quand Mutt (Shia LaBoeuf) traverse la jungle de lianes en lianes comme Tarzan. Ca frôle le mauvais goût. Mais surtout, il y a cette fin, l'une des pires de l'Histoire du cinéma, avec des effets spéciaux encore plus ridicules et une histoire d'extra-terrestre inter-dimensionnel qui fait chavirer le film vers le nanar de série Z. On couperait bien ses trente dernières minutes, affolantes de bêtise. Pourquoi Lucas a t-il persisté pour ça ? Il devait bien se rendre compte que ça ne fonctionnerait pas, non ? Car on ne reconnaît à aucun moment le style de "Spielby" dans ce retournement abracadabrant. Pourtant, le début est vraiment bien troussé, Shia est convaincant en fils d'Indiana et le retour de Marion, jouissif. Mais c'est ici Indiana qui semble en retrait, moins percutant, moins drôle, plus aigri. Le cool a disparut. Reste qu'il est entré dans la légende du septième art.

 

 

 

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES "INDIANA JONES"

Commenter cet article

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog