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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski
critique de LA TETE HAUTE

Emmanuelle Bercot, qui a conjointement reçu le prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes pour MON ROI, a enflammé la Croisette où son film était présenté en ouverture. Surprenant quand on sait que ce sont généralement des blockbusters ou des films au ton plus universel qui servent de prélude au plus grand festival du monde. Un véritable honneur pour une petite bombe, nerveuse, dynamique et au souffle social en lien direct avec le cinéma de Ken Loach.

Dés la scène d'ouverture, qui nous fait penser à POLISSE (normal, c'est Maïwenn la tutrice officielle de Bercot), le ton est donné. La force d'une puissante mise en scène au plus prés des visages, des corps, de la violence, sèche et brutale. On brasse une quantité de thématiques et de points de vue durant lesquels, la cinéaste se débat avec un mal pesant, celui de son personnage principal, Malony, qui enchaîne bêtise sur bêtise. Il a seize ans, vient d'un milieu précaire, fils d'une mère indigne et tente de se raccrocher au peu d'âme qui lui reste. C'est une victime, de son monde et de sa situation, contenant assez de violence en lui pour écraser tout sur son passage. Ses entrevues avec la juge, qui lui sert au passage de véritable mère et interprétée avec force par Catherine Deneuve, sont autant d'épreuves et de souffrances car il n'y arrive pas. Il ne sait pas remonter la pente, reste dans son engrenage de désillusions trouvant pour prétexte son inutilité.

Le film parvient miraculeusement à faire tenir cet édifice très délicat même si il ne peut empêcher la tangente. Des maladresses, il y en a. Le rajout de la paternité, d'un amour étrangement intégré avec à la clé une séquence à l'hôpital assez ridicule. Ce discours racial également, dans le centre, qui n'apporte pas grand-chose sinon rien. Malony ne revoit que rarement la lumière dans un "je t'aime" glissé in extremis dans un bar à son éducateur (Benoît Magimel, parfait) ou dans cette main tendue à la juge. Il fallait du cran pour mettre à l'écran cette jeunesse désintéressée, ayant peu d'espoir dans son présent ni dans son avenir. Sûrement trop long et peut-être un poil répétitif, LA TETE HAUTE n'en demeure pas moins un petit bijou, ancré dans un socialisme fort. Et un révélateur de talent, celui du jeune Rod Parandot, écrasant de charisme et de fougue.

LA TETE HAUTE 1h59

Film réalisé par Emmanuelle Bercot

Avec Rod Parandot, Benoît Magimel, Catherine Deneuve, Sara Forestier.

NOTE GLOBALE : 15 / 20

critique de LA TETE HAUTE

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