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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : HARRY POTTER

Publié le 14 Avril 2020 par Romain Jankowski in Grandes sagas et trilogies

En ce début de XXIème siècle, le cinéma, la littérature, la société auront assisté à ce qui restera probablement l'un des plus grands phénomènes de l'Histoire. De ceux que l'on parle soixante après. Le chiffrer n'est pas facile : 7,7 milliards de dollars de recettes mondiales au cinéma (pour 8 films soit une moyenne extraordinaire de 962 millions par film), prés de 500 millions de livres vendus (le sixième volet représentant encore le meilleur démarrage de tous les temps pour un bouquin), des parcs d'attraction à thèmes, des millions de merchandising, des fans à outrance et la saga LES ANIMAUX FANTASTIQUES qui a prolongé l'univers. HARRY POTTER est une oeuvre hors du commun,

alignant ses films en même temps que les héros grandissent, conférant ainsi un pouvoir détonant pour le spectateur qui vit littéralement avec eux. On ne parlera évidemment que de cinéma ici et il est temps de décortiquer ces 8 films et faire machine arrière pour revenir dans le monde des sorciers.

 

8 - HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG-MÊLE (2009) de David Yates

Le volet le plus attendu en terme d'adaptation et...une sacrée déception ! Même en évitant de le comparer au bouquin, force est de constater que tout est trop lisse dans cet opus. Se concentrant sur des intrigues drôles et parfois poussives (les histoires d'amour), le film perd en sérieux qu'il rattrape in extremis dans sa dernière demie-heure. Mais hormis sa monstrueuse ouverture (l'une des plus belles séquences de la saga), les deux heures suivantes sont longues, parfois trop axées sur d'infantiles histoires (le filtre d'amour, la jalousie de Hermione). Dès lors, les incartades entre Dumbledore et Harry semblent presque rajoutées alors qu'elles auraient dû être le coeur de l'histoire ! Même si la mise en scène est toujours aussi bien travaillée (superbe magasin des frères jumeaux), il manque du souffle et du rythme.

 

 

 

7 - HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS (2002) de Chris Colombus

Quand on ne connaît pas la suite et la fin de la saga, on peut se dire que celui-ci ne sert à rien. Mais au final, il est important et apporte quelques éléments de réponses. Au-delà de ça, ce deuxième volet est lui aussi très réussi, que ce soit dans les effets spéciaux (magnifique basilic, mélange d'animatronique et d'effets numériques) ou les incroyables décors comme la chambre des secrets. Les jeunes acteurs sont bien meilleurs encore et Kenneth Branagh campe un délicieux Lockhart, professeur peureux et vantard. Malgré tout, l'aspect un peu mécanique des événements lasse un peu dans la seconde moitié. Mais dans l'ensemble cette Chambre des secrets reste à un très haut niveau de divertissement.

6 - HARRY POTTER A L'ECOLE DES SORCIERS (2001) de Chris Columbus

On pourra dire ce qu'on veut, démarrer une saga est le plus difficile. Il faut mettre en scène l'univers, ne pas se tromper d'acteurs, de décors et être assez précis dans les événements du bouquin pour ne pas plomber les suites. En ces termes, ce premier volet est un petit miracle. Même si c'est celui qui a forcément le plus vieilli aujourd'hui, il y a une atmosphère à la fois merveilleuse et inquiétante, ce qu'arrivera à tenir la saga du début à la fin. Au delà de la magie (dans tous les sens du terme) mise en scène, c'est surtout la galerie de personnages qui est incroyable : Harry, Ron, Hermione, Dumbledore, McConagall, les Dursley, Rogue, Malefoy, Hagrid... et bien d'autres qui auront chacun leurs moments de gloire. Ce premier opus est une incontestable réussite.

 

5 - HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHENIX (2007) de David Yates

David Yates qui n'avait rien réalisé hormis JEUX DEPOUVOIRS pourla télé, s'est donc vu à la tête d'un projet titanesque : un blockbuster de 200 millions qui est l'épisode charnière d'une des sagas les plus populaires du monde et dont le bouquin fait 970 pages. Un pavé inadaptable, aux sous-intrigues innombrables et aux personnages apparaissant par dizaines. Déjà trop long en bouquin, le film ne peut satisfaire l'appétit des fans. Et le monde s'insurge en voyant la durée (2h17) qui en fait le plus court de la saga alors que le livre est...le plus long. Au-delà de la déception de ne pas voir certains passages du bouquin, ce cinquième film est un sacré risque artistique car il ne propose que très peu de scènes d'action et se révèle plus froid et parfois désespéré lorsque Harry s'isole. Sa confrontation avec l'horrible Ombrage (merveilleuse Imelda Staunton) fait merveille dans des scènes d'une tension extrême. Malheureusement, il y a tout de même des baisses de rythme importantes, des choix parfois discutables (même s'il est spectaculaire, le combat entre Voldemort et Dumbledore verse dans une surenchère expéditive) et surtout une mort importante trop vite évacuée. En revanche, le casting est une nouvelle fois impérial avec une mention spéciale à Gary Oldman, parfait en Sirius Black.

 

4 - HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN (2004) de Alfonso Cuaron.

C'est assurément l'épisode de transition. On quitte l'enfance pour se mesurer à l'adolescence et les problèmes qui vont avec. Un virage plus sombre qui se voit dans la géniale mise en scène de Cuaron (récent réalisateur de GRAVITY mais également du chef d'oeuvre LES FILS DEL'HOMME) qui, à travers ses cadrages et sa lumière, parvient à rendre l'univers plus sombre et gothique. Il y a une menace que l'on ne voit pas et qui peut surgir à tout moment. Et il y a surtout

ces Détraqueurs, horribles créatures qui aspirent le bonheur des gens. Volontairement calme et introspectif, ce troisième volet est l'une des plus belles réussites de la saga. Avec, en prime, la magistrale interprétation de Gary Oldman en Sirius Black !

 

3 - HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, 2EME PARTIE (2011) de David Yates

Evidemment, cette deuxième partie est monstrueuse, dantesque et époustouflante. Les batailles sont légions et les résolutions d'intrigues, satisfaisantes. Des rédemptions, des surprises, des personnages vaillants devenant des héros, tout respire l'héroïsme ici. Une apogée pour une saga hors du commun qui aura imposer une ambiance incroyablement spectaculaire , enchanteresse et intelligente, interrogeant les jeunes spectateurs sur les dangers de la dictature et les valeurs de l'amitié. HARRY POTTER trône tout en haut, parmi les légendes de la culture pop où se trouvent LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et STAR WARS. Des monuments qui sont des pierres fondatrices de leurs époques. 

 

2 - HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU (2005) de Mike Newell

Ce quatrième volet est le plus populaire chez les spectateurs. Peu surprenant. C'est celui qui est le plus "mainstream", à comprendre le plus populaire, rythmé, vivant. Les incroyables effets visuels sont toujours aussi bluffant et les moments de bravoure sont légions (cette incroyable course-poursuite entre Harry et le dragon). Il y a surtout ce tournoi, enthousiasmant, effrayant (démente résurrection de Voldemort) et finalement très émouvant. Cette fissure des liens entre Harry et Ron, qui, paradoxalement, n'auront jamais été aussi forts. Et il y a cette séquence du bal aux décors époustouflants avec une Hermione splendide. Drôle, spectaculaire, émouvant, dynamique, sombre, oui LA COUPE DE FEU est l'un des meilleurs.

 

1 - HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, 1ERE PARTIE (2010) de David Yates

Pour l'auteur de ces lignes, c'est LE meilleur épisode de la saga. David Yates a réussi un pari que l'on pouvait craindre avec l'opus précédent. Mais sa première partie, hantée par un mal qui frappe n'importe où et n'importe quand, est une merveille de cinéma. Au plus près des personnages et du trio Harry, Ron, Hermione, il parvient à soulever toutes les thématiques et l'essence même de ce qu'est HARRY POTTER. Ses moments de folies (l'attaque du serpent) s'allient à merveille avec ceux plus calmes et élégiaques (lorsque Ron part, ce plan d'Hermione et Harry au sommet d'une vallée ou encore leur danse, sublime de poésie). La menace est même partout, chez leurs amis (le père de Luna) ou dans un café. Métaphore évidente de la seconde guerre mondiale (les moldus persécutés comme les juifs, des radios de résistants, Voldemort, figure tyrannique comme Hitler), cette première partie laisse pantois.

 

 

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : HARRY POTTER
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