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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LES UNIVERS PARTAGES : LA SURDOSE ?

Publié le 3 Avril 2015 par Romain Jankowski

LES UNIVERS PARTAGES : LA SURDOSE ?

Voilà huit ans aujourd'hui, MARVEL PRODUCTION, alliée à la Paramount (aujourd'hui à Disney), lançait une idée (presque) révolutionnaire : Entreprendre tout un univers cohérent entre plusieurs films qui met en scène des super-héros, tel une série télévisée que l'on suivrait en salles. Et de voir tout ce beau monde réunit dans un méga-blockbuster, AVENGERS. On pourrait raccrocher les wagons avec le film-feuilleton ou serial qui était un genre très fréquent au début du XXéme siècle et qui incitait les spectateurs à venir voir le film suivant en finissant le précédent par un cliffanger. Le projet de Marvel s'inspire autant de cela que de leurs comics. Projet ambitieux, démesuré, parfois un peu brouillon mais tout de même ultra-addictif. Oui, Kevin Feige, PDG de Marvel, a franchement réussi son coup en ayant aussi eu aussi tout bon en terme de casting et de choix de cinéastes. Pour l'instant, tout va très bien pour eux et AVENGERS 2 va être un carton phénoménal.

Mais évidemment, à Hollywood comme ailleurs, dés qu'une recette fonctionne on s'engouffre dans la brèche. Jusque l'inévitable overdose. Bon, OK Warner a tout à fait le droit de tenter le coup avec ses héros DC COMICS (Superman, Wonder Woman, Batman). Ils vont rééditer ce qu'a fait MARVEL avec leurs propres héros. Mais le reste ne va t-il va pas mener vers une lassitude du spectateur ? L'univers partagé a ses avantages, surtout financiers, car il permet de se construire une fanbase solide. Il y a bien évidemment un merchandising hors normes, à la télé, sur les consoles, sur le web, tous les médias peuvent être exploités pour une exposition maximale. Mais il y a aussi le plaisir simple du spectateurs à voir les héros de chaque films rassembler dans un seul film ou même ces petites références entre univers qui nous donne le sentiment que l'ensemble a sa propre vie parallèle. Mais en dehors de ça, il faut un minimum se pencher sur cette façon industrialisée de faire des films. Il faut d'abord être certain d'avoir tout le temps la même équipe, que ce soit derrière ou devant l'écran pour que l'ensemble soit homogène mais également, et c'est plus compliqué, donner une certaine liberté artistique au cinéaste. Là-dessus, difficile de penser que c'est le cas. Ce dernier doit forcément respecter à la lettre prêt le scénario et ne peut pas vraiment sortir des sentiers battus. La seule exception reste James Gunn et ses GARDIENS DE LA GALAXIE, même si il a eu cette chance de ne pas être directement raccordé aux événements d'AVENGERS. L'univers partagé est un équilibre très délicat.

Alors franchement, à voir tous ses projets d'univers partagé, on se demande quel effet cela pourra t-il avoir. La FOX veut le faire en cas de succès du reboot des 4 FANTASTIQUES avec les X-MEN, Universal a produit DRACULA UNTOLD comme un lancement d'univers qui raccorderait tous les grands monstres mythiques de la firme (FRANKENSTEIN, en fin d'année et bientôt LA MOMIE), Legendary Pictures aurait idée de se faire rencontrer deux grands montres sacrés : Godzilla et King Kong. En effet, la suite du premier sortira en 2018 et le deuxième s'offrira un préquel, SKULL ISLAND qui sortira en 2016. Mais ce n'est pas fini car maintenant c'est au tour de STAR WARS de s'y mettre. Un film par an prévu, des séries télévisées, animées et live, des jeux vidéos à la pelle et j'en passe. Bien sûr que l'on est tous exciter de revoir STAR WARS à l'écran mais là encore on va friser la surdose. Ne va t-on pas s'y perdre à la fin ? Et a trop tirer de plans hâtifs, ces projets ne vont-ils pas exploser ? Rien n'est moins sûr. Sony a en eu la douloureuse expérience avec son AMAZING SPIDER MAN. Des films sur les méchants, sur Venom, sur des réunions dans des épisodes 3 et 4. Alors qu'ils avaient plutôt réussis leur reboot, ils ont explosé en plein vol avec le second. A force de garder des choses pour les autres films, l'intrigue a viré au n'importe quoi et LE DESTIN D'UN HEROS de s'autoparodier à certains moments. Et c'est ce que risque tous ces projets à long terme, ces dates programmées, calibrées, système trop parfait pour durer. Même MARVEL, un jour ou l'autre va subir une baisse de régime. A force de voir des films qui n'ont pas de résolutions, le cinéma en lui-même se retrouve piégé dans cette mode télévisuelle.

LES UNIVERS PARTAGES : LA SURDOSE ?
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