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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES "TWILIGHT"

Publié le 16 Mars 2015 par Romain Jankowski in Grandes sagas et trilogies

Lorsque j'ai évoqué cette nouvelle rubrique, j'avais précisé que je m'intéresserais aux sagas et trilogies qui ont marqué leur empreinte sur le cinéma par leur qualité ou...leur succès. TWILIGHT rentre plus dans la deuxième catégorie que la première mais pourtant, étrangement, le charme opère. Ce puritanisme suranné, cette histoire d'amour digne de Roméo et Juliette chez les vampires, la relecture du mythe vampire-loup garou, le charisme indéniable des acteurs. Retour sur une saga qui a marqué la fin des années 2000.

TWILIGHT 1 FASCINATION : Lorsque sort ce premier volet en janvier 2009, la saga littéraire est un succès surtout outre-atlantique mais encore assez peu connu en France. La relecture vampirique de Stephenie Meyer narre une histoire d'amour impossible entre Bella, jeune humaine timide et maladroite avec Edward, jeune homme ténébreux qui s'avère être un suceur de sang. Pour le mettre en image, Catherine Hardwicke, cinéaste de talent qui va mettre ce dernier au service d'une histoire d'amour plutôt jolie et bien emballée. Surtout, TWILIGHT n'est pas encore un phénomène et ce premier volet se fait donc avec peu de moyens (37 millions de dollars) et un côté indépendant salvateur. En ressort alors une poésie hypnotique que l'on ne retrouvera plus jamais dans les suites. Certains passages sont outranciers (certaines mimique de Robert Pattinson, les effets spéciaux d'une rare laideur) mais la réalisatrice touche à l'essentiel avec ses deux protagonistes. Se fixer sur les regards et l'étrangeté, jouer sur l'ambiguité physique et surtout cette fameuse pudibonderie qui en aura fait jaqueter beaucoup. L'acte sexuel effleuré mais toujours renié par ce bon vieux Edward et les Cullen qui ne boivent pas de sang humain mais...animal. Ce sont donc des végétariens. Les vampires ne brûlent plus au soleil...mais rayonne ! Avouons que si on avait dit ça à Bram Stoker, auteur de DRACULA, il aurait sûrement rit à larmes. C'est vrai que ça a l'air un peu bête aux premiers abords mais encore une fois le spectateur réceptif pourrait être prit dans cette spirale de bons sentiments. Et avec un film comme CINQUANTE NUANCES DE GREY, on se dit que TWILIGHT c'était quand même largement mieux...

TWILIGHT 2 TENTATION : Quand je vous parlais de ce côté indépendant et artistique dans le premier volet, je ne peux plus y faire référence ici. On en a finit avec ces filtres gris-bleu qui donnaient une étrangeté à l'ensemble. Ici, Chris Weitz, qui endosse la casquette de réalisateur, met en image le cahier des charges avec une paresse rare, signant au passage le pire film de la saga. Il y a des passages intéressants, le film fonctionne bien avec l'arrivée de Jacob dans la vie de Bella (belle transformation physique de Taylor Lautner qui procure une présence indéniable mais qui n'a à peu prés que deux expressions durant tout le film...), la séparation Edward/Bella ou encore la communauté des loups. Mais beaucoup de choses sont effleurés pour laisser place à de longs dialogues ineptes, qui parle d'amour, de chaleur ("Jacob, tu es ton propre soleil"), d'Edward, de sentiments, de"trous dans la poitrine" et même de mariage ! Il y a bien quelques séquences rafraîchissantes (le combat chez les Volturi, les méchants vampires ou encore l'anniversaire tragique) mais l'ensemble reste bien trop énervant pour séduire. Et hormis les loups, joliment réalisés, les autres effets visuels sont totalement bâclés comme cette scène dans la rivière, tellement affreuse que l'on se demande comment ils ont pu sortir ça dans une salle de cinéma. Un deuxième volet terriblement long (2h10 !) et souvent ennuyeux donc. A retenir, comme toujours dans la saga, une jolie BO de Alexandre Desplat et des titres pop réussis. Et bien sûr, la place de plus en plus importante pris par le père de Bella, Charlie incarné avec brio par Billy Burke. Le meilleur personnage de la saga. Ah et au passage le film rapporte 702 millions de dollars dans le monde.

TWILIGHT 3 HESITATION : Cinématographiquement parlant et au-delà de ses maladresses habituelles, ce troisième volet est le meilleur. Porté par des enjeux déjà plus costauds que dans les précédents, HESITATION se déroule comme une attente au combat final face à une horde de vampires nouveaux-nés emmenée par Victoria (elle veut se venger des Cullen qui ont tué son petit-ami dans le 1) et Riley. Pour une fois, Edward est mis à mal, il est même jaloux par rapport à Jacob et leur relation électrique est réellement amusante à voir à l'écran. Quelque chose se passe enfin dans ce triangle amoureux et Taylor Lautner joue mieux. L'univers s'étend, on comprend l'origine des loups, les personnages se dévoilent comme Rosalie et surtout Jasper (trop sous-exploité dans la saga). L'intrigue avance vite, entrecoupée des atermoiements sentimentaux de Bella, et l'affrontement est spectaculaire. C'est que derrière la caméra, ce n'est pas un manchot qui s'y trouve. C'est David Slade, auteur du remarquable 30 JOURS DE NUIT, qui impose certaines coupes dans le roman et montre que l'on peut aussi faire du musclé dans TWILIGHT. Même si le puritanisme est de pire en pire (cette séquence de dix minutes où Edward explique à Bella qu'il ne peut pas avoir de relations avec elle avant le mariage), certains défauts de la saga sont dézingués grâce à d'habiles dialogues comme cette réplique très drôle d'Edward qui demande à Bella si Jacob connaît le T-shirt (il est vrai que dans TENTATION, il était 90 % du temps torse nu...). Jouant avec ses ressorts sentimentaux parfois redondants mais souvent dans le bon rythme, HESITATION est donc celui qui aura (un peu) rallié critique et public.

TWILIGHT 4 REVELATION 1ere PARTIE : C'est toujours comme ça de nos jours depuis HARRY POTTER. Le dernier volet est coupé en deux pour faire plus de fric. Car franchement, pour avoir lu les bouquins, rien ne justifié deux films. Et effectivement rien ne justifié deux films. Mais pourtant, quitte à surprendre beaucoup de monde, je trouve que cette première partie est très intéressante. Malgré son manque évident de rythme et ses images du Brésil qui sont montées comme un clip pour une agence touristique, il y a des thèmes très forts et inédits qui marquent. Une sorte de malaise aussi quand on voit Bella atrophiée par un bébé qui la mange de l'intérieur. Une situation qu'un cinéaste comme David Cronenberg n'aurait pas renié. Cette déliquescence physique, bien montrée par des effets spéciaux convaincants, est le point fort d'un film qui se veut être le plus noir de tous. Les clans se dessoudent, Edward est à cran et le rapport à la maternité est bien amené jusque cette scène surréaliste lorsque Bella boit du sang humain pour nourrir son bébé ! Mais avant tout cela, il y a un joli mariage suivi de 30 minutes de vide ponctuées par des scènes de sexe coupées en plein milieu par un fondu au noir (!) et un statisme énervant. Pour finir, il y aura ce final terrassant, où Edward opère une césarienne avec ses dents (!!!) et où le spectateur se met à la place de Bella dans un délire sonore aberrant mais jouissif. Et la palme du malsain revient à Jacob qui s'imprègne (un truc de loup, un coup de foudre en fait) de la fille de Bella et Edward (!!!). Ce quatrième volet est un objet étrange mais franchement emballant. Dommage dés lors que le dernier volet s'éloigne de cette approche organique...

TWILIGHT 5 REVELATION 2eme PARTIE : Quand on voit cette seconde partie, oui on regrette la lenteur et l'aspect immoral de la première. Celui-ci rentre dans le rang, revient aux fondamentaux de la saga même si la découverte des autres clans vampires est bienvenue. Certains sont vraiment charismatiques et attachants. Il y a beaucoup d'humour aussi notamment entre Jacob et Bella. Cette dernière est donc devenue une vampire mais, évidemment, elle sait se contrôler pour ne pas boire de sang humain. Et l'affrontement avec les Volturi est inévitable alors il faut se préparer pour la grande bataille finale. Il faudra d'abord se coltiner une première séquence ridicule lorsque Bella et Edward courent dans la forêt avec ces effets spéciaux franchement honteux et un bébé digital digne de la pub pour EVIAN. Une longue mise en place ponctuée de moments touchants comme ces retrouvailles avec Charlie. Pour autant, il manque une dramaturgie forte à ce dernier volet pour emporter l'adhésion. Et le pire, c'est qu'on pense l'avoir ! Lors de l'affrontement final, haletant à souhait, joliment mis en scène avec la mort de plusieurs personnages principaux. Le film s'écarte bénéfiquement du roman pour laisser place à une autre fin plus émouvante. Mais non. Il se termine par un twist nullissime où tout le combat était en fait...une vision. OK. Il est donc temps de tirer le rideau.

TWILIGHT restera donc une saga attachante, pas pour tous, mais en tout cas pour l'auteur de cet article notamment. Le trio Edward, Jacob, Bella restera un moment fort, décalé, émouvant, parfois ridicule mais aussi touchant. Il a cette candeur, ce récit d'amour bon et respectueux qui résonne comme un conte de fée, ce puritanisme étonnant qui contraste avec la société actuelle et cette relecture, que l'on aime ou non, des mythes du monde fantastique.

GRANDES SAGAS ET TRILOGIES  "TWILIGHT"
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machine parpaing automatique 16/03/2015 11:32

un bon film