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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique de LE DERNIER LOUP

Publié le 4 Mars 2015 par Romain Jankowski

critique de LE DERNIER LOUP

Jean-Jacques Annaud est l'un des réalisateurs français les plus audacieux. Amoureux de la nature, des grands espaces et techniciens hors pair, il livre des films à la beauté visuelle souvent époustouflante à défaut d'avoir toujours un scénario solide. LE DERNIER LOUP est la synthèse parfaite de son cinéma.

COUP DE TETE,LA GUERRE DU FEU,LE NOM DE LA ROSE, L'OURS, SEPT ANS AU TIBET, STALINGRAD, DEUX FRERES, ça vous suffit ? Sept longs métrages dantesques et parfois, pour certains, impossible à réaliser aux premiers abords. Filmer deux tigres avec des humains et en ville, scénariser la vie d'un ourson sauvage,raconter la vie des premiers hommes sans dialogues et envoyer Brad Pitt en plein Tibet. Annaud a fait tout ça avec un savoir-faire hors du commun. Il s'était perdu récemment avec le catastrophique SA MAJESTE MINOR mais avait su, en partie, se rattraper avec OR NOIR. En 2015, Annaud prouve à ses détracteurs qu'il ne fallait pas l'enterrer trop tôt.

Visuellement parlant, le film offre des séquences à couper le souffle surtout sur grand écran. C'est un émerveillement constant alliant à merveille des palettes de couleurs chatoyantes le jour et des tempêtes de blizzard la nuit. Le sommet reste cette course poursuite effrénée entre les loups et les chevaux, moment de grâce d'une dizaine de minutes. A la fin on se demande même comment ils ont réussi à tourner cela ? Dans un ballet magnifique, un montage absolument parfait et une partition dantesque, le cinéaste livre ce qui restera probablement comme l'un des plus grands moments de bravoure de cette année. Parce qu'on peut parler aussi de cette bande originale composée par James Horner (TITANIC), personnage à lui tout seul, relevant à chaque fois les émotions sans en faire trop. Mais vous emporte parfois dans des sommets élégiaques incontournable !

Le film exerce la fascination, agit inconsciemment sur cette nécessité de protéger une nature si parfaite. Oui, l'histoire est manichéenne mais celle-ci se voit comme un conte avec ces deux étudiants qui viennent pour éduquer les bergers nomades mais qui vont plus apprendre d'eux, au final. Parce que l'on comprend que ces hommes et femmes en marge de la ville ont une véritable connaissance du monde naturelle et de son fonctionnement. La dimension divine n'est pas à écarter tant elle est présente au détour d'un nuage ou d'une parole. La poésie de l'ensemble nous laisse rêver, pendant deux heures, d'un monde idéal, là-bas, en steppe mongole où ce peuple n'a pas besoin d'une télé Haute définition ou d'internet pour vivre heureux. La vie se fait, se défait, se reconstruit. Et lorsque la sauvagerie frappe, l'émotion est forte.

Reste qu'il y a parfois des coupes et des transitions peu travaillées. Peut-être par souci de rythme, peut-être par difficulté d'assembler ces images naturelles. Mais il y a toujours cette étrange osmose entre le spectateur et l'écran malgré les défauts d'un scénario pas toujours parfaitement rigoureux. Mais quand la fin résonne, quand l'enfant devient adulte et que le loup nous regarde dans un tonnerre musicale aux accords parfaits, l'émotion nous gagne, la gorge serrée et les yeux humides. L'odyssée de monsieur Annaud était de tout beauté. Merci.

LE DERNIER LOUP 1h58

Film réalisé par Jean-Jacques Annaud

Avec Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa, Yin Zhusheng.

NOTE GLOBALE : 15 / 20

critique de LE DERNIER LOUP
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Raphaël Zacharie de IZARRA 07/03/2016 14:54

MA CRITIQUE DU FILM “Le dernier loup” de Jean-Jacques ANNAUD
Techniquement et esthétiquement le film est irréprochable. Les paysages de Mongolie sont splendides, les cadrages soignés, les loups filmés avec grand art, etc. Quarante millions de dollars ont été déboursés dans cette entreprise ambitieuse et de longue haleine consistant à raconter les hommes en se mettant dans la peau des loups.

Mais cela ne suffit pas à sauver le paquebot du naufrage car en réalité ce livre de belles images qui se veut épique est, selon moi, la daube de l’année.

Une niaiserie monumentale, une fresque écologiste lourdingue, une épopée animalière grossière.

Cette production française à la sauce Hollywood pleine de bons sentiments sans nuance est une guimauve enfantine dans laquelle bêtes et humains s’engluent mutuellement, s'enlisent mollement, profondément, laborieusement. Une sorte de grosse soupe bien épaisse, mais sans saveur, qui rend la vie flasque et pesante.

Dans ce spectacle pénible, des clichés à la tonne, des dialogues d'une banalité consternante, un jeu d'acteurs puéril, convenu, scolaire : les ingrédients idéaux pour faire de ce sitcom des grands espaces un puissant soporifique.

Le scénario sans aucune imagination, stéréotypé, totalement inconsistant, creux, incolore, inodore, indolore comme une eau plate sombre même parfois dans le ridicule ! Et dans cet océan d’ennui académique je me suis surpris à rire : le constat de certaines lourdeurs en devenait vraiment comique.

Cette nullité sur grand écran est une caricature du cinéma familial grand public. Elle en accumule les pires défauts. Ce qui en fait une grimace, une outrance, une singerie aux effets léthargiques.

Pour être honnête, cette oeuvre parfaitement fade et liquoreuse ravira les enfant de 8 à 12 ans.

C’est à dire, en gros, les lecteurs de "Mickey Magazine". C’est du même niveau.

Bref, ce navet particulièrement indigeste, stupide et insipide fut tellement colossal que je n’ai pas pu endurer le supplice jusqu’à la fin.

Je suis parti au bout d’une heure, c’est à dire exactement au milieu de ce calvaire cinématographique qui dure deux heures.

Raphaël Zacharie de IZARRA