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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

LES GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : "THE DARK KNIGHT"

Publié le 28 Février 2015 par Romain Jankowski in Grandes sagas et trilogies

Voici une nouvelle rubrique qui, tous les quinze jours, reviendra sur, au choix, une grande trilogie ou saga qui de part son succès et/ou la marque qu'elle a laissée dans l'Histoire du septième art, est incontournable. Et pour son lancement, j'ai décidé de revenir sur la trilogie de Christopher Nolan et sa relecture du Batman avec sa somptueuse trilogie du DARK KNIGHT. Film par film, revenons sur cet incroyable morceau de cinoche.

BATMAN BEGINS : En 2005, Christopher Nolan, connu pour ses premiers tours de force comme l'incroyable MEMENTO et INSOMNIA, décide de rebooter Batman, l'un des plus célèbres super-héros. Le hic ? En refaire un personnage sérieux, loin des bouffonneries de Joel Schumacher (BATMAN ET ROBIN et BATMAN FOREVER) qui ont enterrer un héros délicat à mettre en image. Délicat parce que Bruce Wayne est un homme d'affaires riche qui joue au justicier depuis la mort de ses parents. Mais l'homme peut tout se payer, tout obtenir. L'identification du spectateur est donc limitée. D'autant que les SPIDER MAN de Sam Raimi sont sortis et avec eux un personnage totalement ancrer dans le réel avec ses problèmes d'argent et de coeur. Mais c'était sans compter sur le génie de Christopher Nolan aidé par David S. Goyer, génial scénariste. Et à la vision du film, le pari est largement tenu. Mélange d'invention et de respect par rapport aux comics, BATMAN BEGINS n'est pas comme les autres. Il est surprenant, avec son récit déconstruit, mélangeant les temporalités (la patte de Nolan) et un Bruce Wayne attachant. Il y a une sacrée différence avec les premiers BATMAN de Burton qui se voulait plus humoristique. Ici, tout est noir jusque cette image crépusculaire et ces plans iconiques (Batman debout, la tête baissée, plan qui reviendra souvent dans la trilogie). Les personnages secondaires sont très bien travaillés et le commissaire Gordon prend une place considérable dans cette mythologie. Il faut saluer un casting démentiel avec, en tête, le formidable Christian Bale en Batman, habité par le personnage. Il n'y a d'ailleurs pas de sempiternelle exposition lente et fastidieuse ici car Nolan trouve un rythme hypnotisant bien aidé par une partition de Hans Zimmer magistrale. Malgré ses qualités de storytelling évidentes, BEGINS reste le moins bon des trois. Principalement parce que les deux autres sont exceptionnels. Mais aussi pour son méchant, peu charismatique (l'épouvantail donne des hallucinations aux gens, peu attrayant) et parfois des scènes d'action un peu laborieuses comme cette séquence finale avec ce train qui dévale Gotham. Mais les bases sont posées. Ce qui va suivre relève du miracle.

THE DARK KNIGHT : Il y a peu de films qui marque l'Histoire du cinéma. Parfois, ils sont célébrés grâce à leur côté visionnaire, parfois pour leur incroyable chef d'oeuvre artistique ou parfois juste parce qu'ils sont dans l'air du temps et qu'ils sont cultes (comme DIRTY DANCING). Sorti en 2008, on peut déjà dire que THE DARK KNIGHT a marqué l'Histoire. Les films actuels sont tellement influencés par sa noirceur, sa terreur sourde, son héros débordé par un ennemi plus fort que lui formant ainsi un alter ego insaisissable. Il n'y a qu'a voir le dernier James Bond, SKYFALL, qui joue en tout point sur la même mécanique. Et les grands films ont toujours leurs légendes. Ici, ce sera la triste mort de Heath Ledger, magnifique acteur promis à un avenir radieux, qui remportera, pour la première fois, l'oscar posthume du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle du Joker. Récompense entièrement méritée. Parce que THE DARK KNIGHT est d'abord un film terrifiant, paranoïaque et d'une noirceur absolue hanté par un Joker que rien n'arrête. Le scénario devient alors une métaphore du monde post 11-septembre, poussé par un final à couper le souffle avec le fameux duel des bateaux. Mais, à vrai dire, il n'y a rien à retirer. De la scène d'ouverture en passant par les intenses faces-à-faces du Joker avec les bandits, l'incroyable séquence de la cérémonie où le Joker se trouve parmi les policiers et, évidemment, le passage à la prison, THE DARK KNIGHT est un chef d'oeuvre total. N'oubliant jamais le fond, Nolan construit son film de manière moins labyrinthique que le premier volet mais tout aussi intense. Il muscle son intrigue en constituant beaucoup de liens avec le film précédent et surtout en rendant ses personnages totalement humains et complexes. Ses scènes d'action devenant, dés lors, une avancée constante dans la profondeur de l'âme (noire) humaine. Avec en point culminant, l'interprétation faramineuse de Heath Ledger qui fout les frissons à chaque apparition avec son rire, sa voix de psychopathe instable et, aussi et surtout, sa remarquable intelligence. THE DARK KNIGHT est, au final, un duel : celui de BATMAN face à lui-même.

THE DARK KNIGHT RISES : Oui, difficile de passer après ce deuxième volet. Surtout que la production a dû modifier l'histoire suite au décès de Heath Ledger, le Joker ne pouvant donc plus revenir aux affaires. Batman affrontera donc Bane, incarné par le monstrueux Tom Hardy. Crépusculaire et tragique, ce troisième volet est une odyssée de la violence, un coup de poing terrible donné contre le gouvernement et le système tout entier. L'établissement d'un nouveau monde, de nouvelles règles, la fin d'une légende. Celle du Batman, celle d'un sauveur, justicier cherchant des réponses au plus profond de lui-même alors que son être tout entier est blessé. THE DARK KNIGHT RISES est l'apologie d'une idéologie et de la prise de pouvoir par la force. Incroyablement réaliste, Nolan montre un Gotham désincarné où l'espoir n'est plus permis. Le montage final, de prés d'une demie-heure, laisse littéralement sans voix. Alors que la résistance s'est organisée, Batman et ses "soldats" tentent de vaincre Bane et ses sbires tandis que Gordon et son équipe essaie de déjouer la bombe. Hallucinant dans sa maîtrise formel, le film regorge de séquences spectaculaires comme ce stade qui s'écroule littéralement ou ce retour de Batman qui poursuit Bane après le braquage de banque. C'est 2h45 ébouriffantes, du cinéma d'une maîtrise totale. Bien sûr, les défauts sont présents. Il y a un script un peu bancal parfois comme ce personnage incarné par Marion Cotillard, peu convaincant, la mort de Bane trop soudaine et un début un peu long, exposant les enjeux de manière un peu laconique. Malgré tout, Nolan clôt sa trilogie dignement. Le Batman peut reposer en paix. Pas longtemps. Il va revenir, différemment, sous les traits de Ben Affleck dans BATMAN VS SUPERMAN: DOWN OF JUSTICE en mars 2016.

LES GRANDES SAGAS ET TRILOGIES : "THE DARK KNIGHT"
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