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L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

critique WHITE GOD

Publié le 14 Décembre 2014 par Romain Jankowski

critique WHITE GOD

Cinéaste bulgare assez élitiste voire carrément abstrait ( le douloureux DELTA), Kornél Mandruczo est loin de l'idée d'une quelconque vision grand public de son art. L'émotion n'est quasiment jamais présente, tout juste peut on voir un certain talent pour la mise en scène. Son précédent, TENDER SON, rude et très politique montrait un aspect trop personnel pour convaincre. Cinq ans plus tard, après une grande remise en question de sa part, le cinéaste a évolué, a étudié le marché et son pays pour modifier son style et ne pas perdre sa force de frappe visuelle. Le résultat c'est WHITE GOD, pas la bombe que l'on nous avais promis mais un sacré bon film quand même !

On suit donc l'histoire d'une fillette qui doit abandonner son chien dans une société où les chiens bâtards ne peuvent plus être gardés. D'autant que son père ne veut pas le laisser chez lui pour éviter de payer la taxe... Viens alors l'histoire du chien d'une part, qui va de maître en maître et la fillette qui se rebelle contre un monde qu'elle ne comprend pas, de l'autre. Une ambition extrêmement louable mais pas toujours réussie. La distance du père et sa fille est très maladroitement montrée comme cette scène où, après s'être droguée, la fille reçoit les excuses de son père. Celui-ci devient alors une caricature, gentil et combattif alors qu'il était tout l'inverse pendant plus d'une heure ! Et puis, la rébellion de Lili, à base de lumière filtré et de garçon dominant laisse un peu circonspect. Alors que le parcours de Hagen, le chien, est bien plus intéressant. Surfant un peu sur le côté révolution de LA PLANETE DES SINGES:LES ORIGINES, l'intrigue surprend en montrant la transformation du bâtard, doux et gentil, en vraie bête à tuer. Une transformation due à l'Homme qui l'entraîne pour combattre dans les arènes. Et de voir par ce prisme classique, le reflet d'une société qui rejette la différence tout en banalisant une pauvreté idéologique forte. La perte des repères des chiens peut se voir comme la perte de repères de certains individus considérés comme pauvre ou "différent". La force de ce long-métrage repose principalement sur ce thème. Mais aussi émotionnellement dans une fin paroxystique qui peut franchement s'inscrire dans le top 10 des meilleures séquences de l'année vues dans une salle de cinéma. La course effrénée des chiens qui fait basculer le film dans une sorte de terreur qui n'a rien à envier à certains grands autres films ( comme MAX,LE MEILLEUR AMI DE L'HOMME de john Lafia, géniale réflexion sur l'ordre naturel ). Et que dire de la scène finale, terrassante d'émotion qui justifie à elle seule l'achat d'un ticket pour ce joli film, imparfait mais pas bête du tout.

WHITE GOD 2h01

De Kornél Mandruczo

Avec Zsofia Psotta, Sandor Zsotter, Lila Horvath, Edit Frajt.

NOTE GLOBALE 13 / 20

critique WHITE GOD
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