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L'antre du cinéphile

L'antre du cinéphile

Critiques de films, news et rétro-cinéma

Publié le par Romain Jankowski

Michel Hazanivicius demeure aujourd'hui l'un des réalisateurs les plus reconnus par la profession. Et à raison. THE ARTIST a été multi-primé et les OSS 117 ( les 2 ) sont devenus cultes. Il relève en lui un pur amour de cinéma ainsi qu'une exigence folle doublé d'une audace rare dans le paysage audiovisuel français. Et c'est peu dire qu'il ai pris un risque en tournant ce film sur un conflit dur et finalement peu reconnu.

Ce risque, il le prend à tous les niveaux. D'abord, sur le plan de l'écriture où il confronte trois visions, celle de la soeur essayant de retrouver son petit frère qui s'est échappé d'un massacre pour trouver refuge chez une militante des droits de l'homme. En parallèle, un jeune russe se confronte aux horreurs de la guerre. Pour tout dire, ces histoires s'entremêlent dans un montage parfois approximatif, s'enchaînant maladroitement. Pourtant elles restent passionnantes et fortes. Hazanivicius montre réellement une part d'émotion qu'on ne lui connaissait pas vraiment. Ces regards touchants entre le petit garçon et la militante ( interprétée par Bérénice Béjo ), la vision désespérée d'une Tchétchénie ravagée par les bombardements et la désolation, ce jeune homme russe qui va être conditionné comme une machine de guerre... C'est incontestablement la plus grande réussite du film. Effleurer, par le biais d'une caméra au plus proche des corps, un sentiment, une exaltation.

Il se révèle parfois dévastateur dans sa vision du conflit, tout en étant jamais politique. A aucun moment, il ne s'affaire à un quelconque jugement hâtif. Il est dans la retenue, préférant voir les conséquences que s'intéresser aux causes. Et c'est justement par un habile effet de montage qu'il démonte la séquence choc du tout début qui, à la fin, nous permet de mieux comprendre. Comprendre que cette guerre touche les deux camps et qu'elle n'est mue que par des organismes politiques visant la destruction d'un "ennemi". A ce titre, la force visuelle du conflit tient en ces lieux totalement dévastés, sommet de lyrisme valant bien plus qu'une éventuelle vision des bombardements qui aurait fait entrer le long-métrage dans un aspect spectaculaire déplaisant.

Fort mais parfois long, piétinant sur les relations entre les organismes occidentaux et ayant parfois les défauts de ses qualités ( il appuie tellement sur la corde sensible, que l'histoire du gamin en est parfois redondante). Malgré tout, son ambition et sa réussite formelle en font un film à voir.

THE SEARCH de Michel Hazanivicius 2h14. Avec Bérénice Béjo, Annette Benning, Maksim Emelyanov, Abdul Khalim Mamutsiev. Sortie le 26 novembre 2014.

NOTE GLOBALE: 15 / 20

critique de THE SEARCH

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